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Québec écarte le Comité sur les affaires religieuses

Le Comité sur les affaires religieuses a envoyé... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Le Comité sur les affaires religieuses a envoyé à Marie Malavoy une synthèse des études sur la laïcité scolaire qu'il a produites au cours des dernières années, mais la ministre n'a pas accusé réception des documents.

Photo: André Pichette, La Presse

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(Québec) Le gouvernement Marois a mis sur une voie de garage le Comité sur les affaires religieuses, qui a des positions allant à l'encontre de son projet de charte des valeurs québécoises.

Ce comité relève de la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy. Il a pour mission de la conseiller sur toute question concernant la place de la religion à l'école, comme le prévoit la Loi sur l'instruction publique. Il est donc directement interpellé par le projet de charte du gouvernement.

Mais la ministre Malavoy n'a pas jugé opportun de lui demander un avis sur ce projet. En juin, alors que la Charte était dans les cartons, les membres du Comité lui ont demandé de se pencher sur ses répercussions dans le monde scolaire. La ministre ne leur a pas répondu, ont confirmé des sources.

Le Comité lui a tout de même envoyé une synthèse des études sur la laïcité scolaire qu'il a produites au cours des dernières années. Mme Malavoy n'a pas accusé réception des documents.

«C'est plate et insultant: on n'a aucune oreille! On a pourtant une expertise qui pourrait être utile», lance un membre du Comité. Selon cette source, des fonctionnaires du ministère de l'Éducation auraient tenté de dissuader le Comité de donner son avis sur la Charte. «Ils semblaient avoir un mandat. Ils n'ont pas dit clairement: «Vous n'avez pas le droit ou on ne veut pas vous entendre», mais ils ne voulaient pas qu'on se prononce là-dessus», soutient-il.

Selon une autre source à l'interne, «ce serait logique qu'on se prononce sur le projet (de charte). Le monde scolaire, c'est l'un des endroits les plus touchés et où il risque d'y avoir des conflits. Mais même si on considère que c'est important qu'on se prononce, ça ne signifie pas que, pour la ministre, c'est pertinent qu'on soit intervenant là-dedans. Il y a une ligne de parti», a-t-elle expliqué, rappelant les accusations d'ingérence politique portées par la présidente du Conseil du statut de la femme la semaine dernière.

Pour la laïcité ouverte

Dans un avis datant de 2006, le Comité a pris et fait cause pour la laïcité ouverte, alors que le gouvernement Marois préconise une conception plus stricte de la laïcité. Le Comité estime que les enseignants doivent observer un devoir de réserve et ne pas faire de prosélytisme, mais il rejette l'idée d'interdire le port de signes religieux ostentatoires comme veut le faire le gouvernement Marois.

Le Comité sur les affaires religieuses «embarrasse tout le monde au Parti québécois, et je pense que le gouvernement souhaiterait l'abolir», affirme une source. D'ailleurs, le Comité n'a plus de président depuis le départ de Marie-Andrée Roy, professeure au département de sciences des religions de l'UQAM, le 25 mars. Québec tarde à nommer un remplaçant. Mme Roy avait pourtant signifié dès l'automne dernier son intention de quitter son poste. Elle avait alors demandé à Mme Malavoy de lui trouver un successeur, mais rien n'a été fait. «Normalement, la présidente devrait être remplacée depuis pratiquement un an. Il y a un silence radio au gouvernement depuis quelques mois», a indiqué un membre du Comité.

Au début du mois, la Fédération autonome de l'enseignement, un syndicat d'enseignants, a demandé l'abolition du Comité sur les affaires religieuses. Selon elle, il faut «compléter le processus de laïcisation du ministère de l'Éducation» en faisant disparaître ce comité créé en 2000 pour remplacer les comités confessionnels catholique et protestant.

Dans les dernières années, le Comité sur les affaires religieuses a entre autres travaillé à l'élaboration du cours Éthique et culture religieuse. Notons que l'étendue de ses pouvoirs n'est pas aussi claire que celle des organismes tel le Conseil du statut de la femme, qui peuvent intervenir en tout temps, de leur propre initiative, dans des dossiers gouvernementaux.




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