Le PQ invite la commission Charbonneau à la prudence

Le vice-premier ministre François Gendron.... (Archives La Presse Canadienne)

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Le vice-premier ministre François Gendron.

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(Québec) Le vice-premier ministre François Gendron reproche à la commission Charbonneau de salir toute la classe politique et de manquer de prudence. La première ministre Pauline Marois a renchéri: la Commission «doit faire son travail, doit le faire avec prudence».

Jeudi, au lendemain d'allégations touchant l'ex-ministre péquiste Guy Chevrette, M. Gendron a affirmé que «la façon de travailler» de la Commission l'«indispose».

D'abord réticent à préciser sa pensée, visiblement mal à l'aise, M. Gendron a finalement déclaré que la Commission «devrait faire attention». Il a donné l'exemple de la vidéo présentée hier devant la Commission, où l'on peut voir notamment l'ex-maire Gérald Tremblay et d'autres élus, l'humoriste Yvon Deschamps, le cardinal Jean-Claude Turcotte, Jean Béliveau et Henri Richard lors d'une réception donnée en 2004 par la firme Roche au Stade olympique.

«Il faut faire attention, parce que j'ai vu toutes sortes de monde à la télévision. Dans la vidéo d'hier, il y a des gens qui n'ont pas un brin d'affaire à passer à la télé hier soir, et ils ont passé à la télé. Henri Richard... Il y a beaucoup de choses que je n'aime pas. C'est tout», a laissé tomber le doyen de l'Assemblée nationale. Selon lui, «il y a des façons de travailler où il faut faire attention».

«Ce qui vous indispose, est-ce le fait que la Commission arrose tout le monde et que toute la classe politique est éclaboussée?» lui a-t-on demandé. «Je souhaiterais qu'on fasse davantage attention à ce que vous venez de mentionner», a-t-il répondu.

Quand on lui a demandé si le travail de la Commission l'indispose davantage quand le PQ est éclaboussé que lorsque c'est le PLQ, il a rétorqué: «Ça m'indispose quand on ne fait pas attention.»

«C'est grave. Je suis un type qui a un nom, une crédibilité, et je suis allé en politique pour contrer ce que l'on décrit. Je pense que je suis un gars intègre, et là, on y va all out, comme si on était tous des pareils», a-t-il lancé.

François Gendron a été piqué au vif lorsqu'on lui a demandé s'il a déjà soupçonné du financement illégal au PQ. «S'ils veulent que j'aille à la Commission, qu'ils m'invitent. S'ils ont des questions à me poser, je vais y aller. Parce que je veux que la Commission fasse son travail», a-t-il lancé. Il a précisé qu'il ne connaît pas Gilles Cloutier. «C'est dans un autre milieu qu'il fraie, pas le nôtre, à ma connaissance», a-t-il dit.

Il a fait ce commentaire quelques minutes avant que M. Cloutier ne parle du rôle qu'il a joué dans le financement de la campagne de Lucie Papineau, ancienne députée du PQ (1997-2007) aujourd'hui directrice du cabinet de la ministre Nicole Léger. Cette dernière avait convoqué les médias à une conférence de presse, aujourd'hui, mais elle l'a annulée après que le nom de Mme Papineau eut été prononcé à la commission Charbonneau.

«Au moins, qu'on les entende!» dit Blanchet

Le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, croit qu'il faut éviter les jugements hâtifs. «Je ne pense pas énormément de bien de François Legault, à peine plus de Jean-Marc Fournier, et Guy (Chevrette) est un peu un ami, a-t-il indiqué. Un gars que j'admire, en tout cas. Dans les trois cas, et dans tous les cas depuis le début de la Commission, je dis qu'il ne faut pas sombrer dans le lynchage. On ne pend pas une personnalité publique haut et court sur la parole de magouilleurs avoués. Au moins, qu'on les entende! Si on prouve qu'ils sont coupables, alors là, pas de pitié!»

Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, reconnaît quant à lui que les allégations concernant Guy Chevrette «soulèvent des questions». «Mais avant de condamner quelqu'un sur la base d'un seul témoignage, voulez-vous, s'il vous plaît, être prudents? C'est un principe de droit et de justice. Voyons s'il y a d'autres corroborations et d'autres témoignages qui viennent confirmer ça», a-t-il ajouté.

M. Drainville et ses collègues du PQ n'ont pas toujours eu les mêmes scrupules lorsque des allégations touchaient des libéraux. Mardi, le ministre avait mené une charge contre le PLQ en reprenant les propos de M. Cloutier concernant le financement illégal d'activités du camp du Non au référendum de 1995.

- Avec Paul Journet

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