Tony Tomassi démissionne

Accusé au criminel et objet d'une enquête  du commissaire à l'éthique depuis... (Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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Paul Journet
La Presse

(Québec) Accusé au criminel et objet d'une enquête du commissaire à l'éthique depuis quelques jours, le député indépendant Tony Tomassi démissionne.

L'ex-ministre libéral de la Famille l'a annoncé cet après-midi dans un communiqué laconique. Il renonce donc à son siège de député de La Fontaine.

«Tout au long des années, j'ai représenté avec fierté les électeurs de La Fontaine et je suis reconnaissant de la confiance qu'ils m'ont réitéré à trois occasions depuis 2003. Dans toute circonstance, j'ai cherché à demeurer un député présent dans le comté, accessible et à l'écoute des citoyens», a-t-il simplement affirmé. Il n'explique pas les raisons de son départ.

M. Tomassi a été accusé l'automne dernier de fraude contre le gouvernement et d'abus de confiance. Les faits qu'on lui reproche se sont déroulés entre juillet 2006 et mai 2010. Il aurait accepté un avantage, une récompense ou un bénéfice du patron de BCIA, Luigi Coretti. Cette firme au passé trouble négociait alors avec le gouvernement. Alors qu'il était simple député, M. Tomassi a utilisé une carte de crédit fournie par BCIA pour payer de l'Essence, et ce, même s'il recevait une allocation pour ses frais de transport. Il aurait tenté d'influencer le gouvernement en échange de cette faveur.

L'affaire de la carte de crédit avait été révélée au printemps 2010. Après avoir défendu son ministre, M. Charest l'avait finalement démis de ses fonctions de ministre et expulsé du caucus libéral.

Il siégeait depuis comme indépendant. Mais il ne s'est presque plus jamais présenté en Chambre. Il avait fait une rarissime apparition en décembre 2010 pour enregistrer ses voeux de Noël. Malgré ses absences, il continuait de recevoir son salaire. Comme le nouveau code d'éthique des élus n'est entré en vigueur qu'en janvier 2012, M. Tomassi ne pouvait pas être sanctionné. Et les accusations criminelles qui pesaient sur lui ne suffisaient pas pour le faire destituer.

M. Tomassi n'avait pas exclu de se présenter aux prochaines élections. La semaine dernière, près de quatre mois après l'entrée en vigueur du nouveau code d'éthique, le caquiste Éric Caire a officiellement demandé au commissaire d'enquêter sur son absentéisme.

Il a gardé le silence depuis son expulsion du caucus libéral, et il entend le conserver. «Monsieur Tomassi ne donnera pas d'entrevue», précise son communiqué.

La CAQ veut qu'on poursuive l'enquête

Selon M. Caire, la démission de M. Tomassi prouve qu'il a contrevenu au code d'éthique. «S'il a le sens de l'honneur, il renoncera à ses indemnités. Il n'a pas fait son travail depuis deux ans!», lance-t-il.

M. Caire souhaite que le commissaire poursuive son enquête. Le commissaire peut seulement formuler une recommandation. L'Assemblée nationale décide ensuite si elle l'adopte. Le caquiste espère que cette recommandation sera « extrêmement sévère » et demande à M. Tomassi de rembourser ses indemnités.

Tomassi derrière le scandale des «garderies libérales», dit le PQ

M. Tomassi n'a pas seulement été éclaboussé par l'affaire BCIA. Sa gestion des garderies a aussi été sévèrement critiquée. Le péquiste Nicolas Girard avait accusé le ministre d'utiliser l'octroi de permis de garderies pour financer le PLQ. «On a donné des places (en garderie) à 7$ à des organisateurs libéraux ou des spécialistes de l'abattage bovin, au détriment des spécialistes de la petite enfance. Et M. Tomassi était le seul député de l'AN qui avait 6 propriétaires de garderies privées sur son exécutif de comté. Ça doit être le fruit du hasard», ironise aujourd'hui M. Girard.

Selon lui, M. Tomassi avait «le bras long». «La grande majorité des propriétaires des garderies privées qui avaient contribué à la caisse du PLQ et qui avaient obtenu des places en 2008 étaient soit résidents de Laval ou de la circonscription de La Fontaine. À l'époque où les places ont été attribuées, M. Tomassi exerçait le rôle d'adjoint parlementaire du premier ministre», rappelle-t-il.

Mais il pense que M. Tomassi « n'était pas seul». «Comme l'a démontré le rapport vérificateur général l'automne dernier, Michelle Courchesne a fait du fling-flang avec des places à 7$», accuse-t-il (lire ici et ici).

À la suite de ce rapport, l'Unité permanente anticorruption (UPAC) avait entamé une vérification sur le ministère de la Famille. Le mois dernier, l'actuelle ministre de la Famille, Yolande James, tardait encore à remettre les documents demandés par les enquêteurs. Une fois que le PQ a dénoncé cette lenteur, le ministère a donné les documents.

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