Coûts des wagons de métro: Khadir accuse Québec d'avoir menti

M. Khadir a aussi mis en doute la... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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M. Khadir a aussi mis en doute la parole de l'ex-premier ministre Lucien Bouchard, qui agissait à titre de négociateur auprès de la STM dans ce dossier.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Jocelyne Richer

(Québec) Les contribuables québécois auront une mauvaise surprise en apprenant que les nouveaux wagons du métro de Montréal commandés à Bombardier leur coûteront 1,9 milliard de dollars au lieu de 1,2 milliard comme promis, selon le député de Mercier, Amir Khadir.

Le gouvernement a induit la Chambre en erreur et a floué les Québécois, en fournissant aux parlementaires les mauvais chiffres pour mieux faire passer la pilule, selon le député de Québec solidaire.

C'est donc, selon lui, sous de fausses représentations que les élus ont accepté, en octobre dernier, d'adopter une loi spéciale donnant le feu vert au gouvernement pour octroyer sans appel d'offres le contrat de renouvellement des 468 wagons de métro au consortium Bombardier-Alstom.

M. Khadir a aussi mis en doute la parole de l'ex-premier ministre Lucien Bouchard, qui agissait à titre de négociateur auprès de la Société de transport de Montréal (STM) dans ce dossier, et qui avait dit que le coût de chaque wagon ne dépasserait pas 2,6 millions.

Or, en Chambre jeudi, le député Khadir a brandi un document de la STM daté du 18 octobre 2010 et indiquant que le coût total de la commande frôlerait plutôt les 1,9 milliard, soit près de 4 millions par wagon.

De 2,6 millions par voiture à 4 millions, «c'est une méchante variation», a dénoncé M. Khadir.

«Nous payons 50% de plus que ce qu'on nous a dit», a-t-il calculé.

Le ministre des Transports, Sam Hamad, a répliqué en disant que le malentendu tenait au fait que le coût total indiqué lors de l'annonce n'incluait pas le coût des garages servant aux wagons.

L'explication n'a toutefois pas convaincu le député.

«J'ai le regret d'annoncer que l'Assemblée nationale a été induite en erreur et a adopté cette loi sur la base d'informations erronées», a affirmé M. Khadir.

Frappant dans toutes les directions, il a déploré que Lucien Bouchard «abuse» de son aura d'ex-premier ministre pour se «mettre toujours au service d'entreprises privées de toute nature», a-t-il dit, faisant allusion au fait qu'il a accédé récemment à la tête de l'Association pétrolière et gazière du Québec.

Le premier ministre Jean Charest s'est levé en Chambre pour considérer que le député salissait sans raison la réputation de Lucien Bouchard, «un homme honnête».

M. Khadir a dit aussi qu'il fallait rappeler dans quel contexte la décision avait été prise d'accorder ce contrat sans appel d'offres à Bombardier plutôt que de procéder par appel d'offres international.

Les wagons seront construits à La Pocatière, dans la circonscription de Kamouraska-Témiscouata, qui l'automne dernier était en campagne électorale, à la suite du décès de Claude Béchard. La popularité du gouvernement étant au plus bas, il était loin d'être acquis que la circonscription resterait dans le giron libéral et, effectivement, elle a basculé dans le camp péquiste.

Interrogé à savoir si, selon lui, le gouvernement était prêt alors à donner le contrat à Bombardier à n'importe quel prix, pour augmenter ses chances de gagner l'élection complémentaire, M. Khadir a dit «qu'on était en droit de se poser cette question», sans pouvoir vérifier sa pertinence.

Quoi qu'il en soit, l'important à retenir dans ce dossier, a-t-il insisté en point de presse, c'est que tout le monde a été induit en erreur et que les wagons du métro vont coûter aux contribuables beaucoup plus cher que prévu.

«Il y a quelqu'un, quelque part, qui nous a induit en erreur. Est-ce que c'est Sam Hamad? Est-ce que c'est la STM? Est-ce que c'est M. Lucien Bouchard, un très habile négociateur?», s'est-il interrogé.

Le premier ministre Charest avait mis un terme à une interminable saga, le 7 octobre dernier, en annonçant que le gouvernement allait procéder sans appel d'offres, grâce à une entente de gré à gré avec Bombardier-Alstom pour fournir 468 wagons à Montréal au coût total de 1,2 milliard.

Au départ fixé par Bombardier à 3,4 millions, le prix par wagon avait été ramené à 2,8 millions, puis à 2,6 millions.

La firme espagnole CAF, pour sa part, disait pouvoir livrer la marchandise pour 1,4 million par voiture.

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