Charest a choisi le Canada plutôt que la défense du français, dit le PQ

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Une vingtaine de syndicats et de groupes de défense de la langue française ont uni leurs voix à celle du Parti québécois (Pauline Marois et Pierre Curzi) et de Québec solidaire pour dénoncer le projet de loi 103 qui veut encadrer l'accès à l'école anglaise pour les enfants allophones et anglophones.

Photo: François Roy, La Presse

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne

Forte du soutien d'une coalition de divers groupes dont Québec solidaire, l'opposition péquiste a accentué mardi ses attaques contre le projet de loi 103 sur l'enseignement en anglais.

Pour la chef du Parti québécois, Pauline Marois, le premier ministre passera à l'histoire comme étant celui qui a laissé la Cour suprême du Canada violer les droits du Québec.

«Le premier ministre a choisi la Constitution canadienne. Le premier ministre a fait son lit. Je suis certaine que l'histoire se souviendra de lui», a lancé Mme Marois à son vis-à-vis lors d'un débat à l'Assemblée nationale.

«Quand aura-t-il le courage de se tenir debout devant cette Cour suprême qui vient bafouer nos droits? C'est sa responsabilité de premier ministre», a-t-elle poursuivi.

S'il est adopté tel quel, d'ici l'hiver, le projet de loi 103 permettra aux enfants francophones et allophones d'intégrer le réseau scolaire régulier anglophone après un séjour d'au moins trois ans dans un établissement privé non subventionné de langue anglaise.

Le gouvernement Charest a fait ce compromis pour se conformer au jugement de la Cour suprême du Canada qui a invalidé l'an dernier la loi 104 qui visait à éliminer les écoles passerelles.

Au motif de protéger les droits fondamentaux, le gouvernement libéral a écarté le recours à la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits, qui lui aurait pourtant permis de faire barrage à la décision du plus haut tribunal du pays.

Le Parti québécois favorisait farouchement cette solution.

Mais le premier ministre a rejeté du revers de la main les critiques de l'opposition et a défendu les dispositions de la pièce législative controversée déposée la semaine dernière par la ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre.

«On vient de déposer la loi 103 qui fait exactement ça: permettre de respecter les droits des francophones, faire rayonner la langue française sans par ailleurs suspendre les droits des autres citoyens du Québec. C'est exactement ce que le gouvernement a fait. Et nous l'avons fait dans la lignée de nos valeurs à nous», a soulevé M. Charest.

Contrairement aux écoles passerelles qui accordaient automatiquement aux élèves un certificat d'admissibilité au réseau régulier anglophone après un court séjour, le projet de loi 103 introduit des mesures qui rendront la démarche plus longue et difficile, fait valoir le gouvernement.

Avant d'espérer intégrer le réseau anglais, le parcours des élèves francophones et allophones devra être analysé par le ministère de l'Éducation sur la base de critères complexes.

Mais pour la nouvelle coalition multipartite contre le projet de loi 103, le gouvernement Charest a légalisé la possibilité, pour les riches, «d'acheter» le droit d'étudier en anglais.

La coalition demande au gouvernement d'étendre l'application de la loi 101 aux écoles non subventionnées et de recourir à la clause dérogatoire pour se mettre à l'abri des poursuites.

La coalition est formée notamment par le Parti québécois, le Bloc québécois, Québec solidaire, le Nouveau Parti démocratique et les grandes centrales syndicales.




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