Le Vérificateur général dénonce les dépenses du PDG de la SODEC

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Le gouvernement Charest poussera le PDG de la SODEC, Jean-Guy Chaput, vers la sortie avant la fin de se son mandat, notamment en raison de ses dépenses considérables.

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(Québec) Le PDG de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Jean-Guy Chaput, revient aujourd'hui du Festival de Cannes où il a séjourné pendant une semaine dans une chambre d'hôtel avec vue sur la Méditerranée qui a coûté 1330$ la nuitée aux contribuables.

Le gouvernement Charest poussera M. Chaput vers la sortie avant la fin de son mandat, notamment en raison des dépenses considérables dénoncées hier par le vérificateur général, Renaud Lachance. L'État a déboursé 48 000$ l'an dernier pour les billets d'avion, chambres d'hôtel et autres frais de représentation de M. Chaput, proche de la ministre Line Beauchamp, celle qui l'avait nommé à la tête de l'organisme culturel.

 

Toujours en 2008, la SODEC a fait passer 212 000$ de frais de déplacement et de représentation de son PDG et d'autres employés pour de l'aide financière au milieu culturel.

Les frais de déplacement et de représentation des dirigeants et employés de la SODEC ont augmenté de plus de 80% en cinq ans, depuis le début du règne de M. Chaput. Ils sont passés de 212 000$ en 2003-04 à plus de 390 000$ l'an dernier. Les dépenses seules du PDG ont atteint autour de 45 000$ par année.

Bien souvent, ces frais «dépassent les règles établies et les fonds publics ne sont pas utilisés avec un souci d'économie», indique le rapport du Vérificateur général déposé à l'Assemblée nationale.

Dans les dépenses de M. Chaput, «il y a un certain côté somptueux. Il y a des dépenses d'un montant trop élevé pour la nature des activités qui étaient en cause», a affirmé Renaud Lachance en conférence de presse.

«Je dirais qu'il a exagéré. Il n'était pas nécessaire d'avoir ce genre de train de vie. Parce qu'il faut comprendre que la SODEC, c'est là pour donner des subventions aux gens du milieu culturel. Donc, plus vous dépensez des sous pour vos déplacements et vos activités de représentation, moins vous en avez pour en donner aux autres.»

Pour cette année au Festival de Cannes, le coût des 7 chambres réservées par la SODEC varie de 680$ à 1330$ par nuit. L'an dernier, l'organisme culturel avait loué 8 chambres dont le coût se situait entre 590$ et 1010$. Le PDG se réservait toujours la chambre la plus luxueuse. Son hébergement sur la Côte d'Azur aura coûté cette année près de 10 000$. Certes, une chambre d'hôtel à Cannes n'est pas donnée, «mais on n'a pas besoin de demander une chambre avec vue sur la mer nécessairement», a indiqué Renaud Lachance. C'est important que Québec participe à ce célèbre festival de cinéma, «mais était-ce nécessaire de dépenser autant d'argent?»

Déplacements en première classe

Le coût de plusieurs déplacements en avion du PDG - parfois en première classe - est deux fois plus élevé que celui d'autres personnes voyageant dans la même période pour participer au même événement. Exceptionnellement, Jean-Guy Chaput a décidé de revenir au Québec aujourd'hui sur les ailes d'Air Transat, sachant que M. Lachance déposait son rapport sur ses dépenses exorbitantes cette semaine, indique-t-on à l'interne.

Dans d'autres déplacements, le PDG a profité d'un surclassement en classe affaires de la part d'Air Canada grâce à une entente verbale entre cette compagnie et la SODEC sur l'achat de billets. «La SODEC devrait se questionner sur l'aspect éthique» de cette pratique, estime le Vérificateur général.

Les séjours dans des hôtels du Québec ont également coûté cher aux contribuables. Dans 40% des cas, le coût de la nuitée variait de 229$ à 299$ pour le PDG. La grande majorité des séjours des employés de la SODEC dépassaient également les normes en vigueur.

D'avril 2006 à décembre 2008, la SODEC a payé 181 factures de repas - 22 750$ - qui réunissaient seulement ses propres employés. Ces réclamations étaient en plus appuyées par des documents «insuffisamment détaillés» selon le Vérificateur général.

La SODEC a remboursé une facture de 80 000$ en frais de restauration à son bureau européen de Paris, qui n'a fourni aucun détail sur cette dépense. La seule mention était «prestations restauration». Le bureau de Paris a accordé un contrat d'un peu plus de 150 000$ sans aucun appel d'offres, pour la production et la coordination d'un événement majeur.

Dans ses états financiers, la SODEC répartit depuis des années ses frais de déplacement et de représentation entre ses dépenses d'administration et ses programmes d'aide financière. L'an dernier, 212 000$ de frais de déplacement et de représentation ont été comptabilisés comme de l'aide au milieu culturel - plus de 100 000$ par an depuis 2003-04. Le Vérificateur général dénonce cette pratique. Il a fait son enquête à la demande du président du conseil d'administration de la SODEC, Jean Pronovost.

Les dépenses faramineuses de Jean-Guy Chaput, qui faisaient l'objet de rumeurs depuis un bon moment déjà, sont la goutte qui fait déborder le vase au gouvernement Charest. Déjà, les relations étaient tendues entre le PDG et la ministre de la Culture, Christine St-Pierre. M. Chaput est toutefois un proche de Line Beauchamp, qui a précédé Mme St-Pierre à la Culture, et de son conjoint, Pierre Bibeau. Ils se sont connus dans les années 80 chez Pro-Est, une société de concertation socioéconomique de l'est de Montréal. Québec n'avait pas l'intention de renouveler le mandat du PDG qui vient à échéance le 2 octobre. Il le poussera vers la sortie avant cette date.

 




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