Élection partielle fédérale de Lac-Saint-Jean: trois candidats sur les blocs de départ

Après plus de 35 ans d'alternance entre progressistes-conservateurs,... (Archives, La Presse Canadienne)

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Après plus de 35 ans d'alternance entre progressistes-conservateurs, bloquistes et conservateurs, le comté passera au rouge, croit le candidat libéral Richard Hébert.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
OTTAWA

La course à la succession de Denis Lebel s'est précisée avec l'entrée en scène du candidat libéral Richard Hébert, qui prédit d'ores et déjà une bataille à deux entre lui et son adversaire conservateur Rémy Leclerc.

Le maire de Dolbeau-Mistassini, qui a remporté jeudi soir l'investiture du Parti libéral dans la circonscription de Lac-Saint-Jean, estime que le départ de l'ancien lieutenant québécois de Stephen Harper représente une occasion en or pour les libéraux.

Aux élections d'octobre 2015, le candidat libéral n'avait pu faire mieux qu'une quatrième position. Mais les vents sont plus favorables, et après plus de 35 ans d'alternance entre progressistes-conservateurs, bloquistes et conservateurs, le comté passera au rouge, croit M. Hébert.

Le départ de celui que tout le monde appelait «Denis», la popularité de Justin Trudeau, le déficit de notoriété du chef conservateur Andrew Scheer et la dégelée néo-démocrate au dernier scrutin sont tous des facteurs qui jouent en faveur des libéraux, explique-t-il.

«Les gens ne votaient pas pour les conservateurs. Ils votaient pour Denis», a-t-il soutenu en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne au lendemain de sa victoire qu'il qualifie de «confortable» contre sa seule rivale à l'investiture, Marjolaine Étienne.

«C'est sûr que le départ de M. Lebel fait beaucoup plus mal aux conservateurs qu'aux gens du Lac-Saint-Jean, parce que j'ai certaines qualités que M. Lebel avait, c'est-à-dire que je connais les gens, et mes racines sont profondes», a-t-il enchaîné.

Le maire Hébert ne constate pas au sein de la population de sa circonscription la grogne que les conservateurs disent avoir décelée sur les trois enjeux parmi ceux qui devraient définir la session d'automne: la réforme fiscale, l'afflux de demandeurs d'asile et le cas Omar Khadr.

«Je vais vous dire que les conservateurs craignent énormément de perdre Lac-Saint-Jean. Et ils sont prêts à bouger tous les épouvantails à moineaux qu'ils peuvent pour essayer d'effrayer les gens», a-t-il argué à l'autre bout du fil.

Les conservateurs espèrent en effet conserver cette circonscription, l'une des 12 qu'ils détiennent au Québec - d'autant plus que cette élection complémentaire constituera en quelque sorte un premier véritable test de leadership pour Andrew Scheer, aux commandes depuis mai dernier.

On ne s'est pas exactement bousculé au portillon pour se présenter sous la bannière conservatrice. Le seul à avoir levé la main est Rémy Leclerc, qui a été directeur des quatre campagnes fédérales victorieuses de Denis Lebel (une partielle en 2007 et les générales de 2008, 2011 et 2015).

«Ça s'est fait par la force des choses. Dès le départ de M. Lebel, des gens ont commencé à m'en parler. Compte tenu de mes faits d'armes au niveau du Parti conservateur, c'était une évidence pour tout le monde. (...) Et M. Lebel m'a encouragé en ce sens», a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.

En plus de défendre le secteur du bois d'oeuvre, qui est plongé dans un énième conflit commercial avec les États-Unis, et le système de la gestion de l'offre, un enjeu de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain, Rémy Leclerc pourfendra le projet de légalisation du cannabis.

Réunis en caucus présessionnel à Winnipeg, au Manitoba, des élus conservateurs québécois ont signalé qu'ils seraient très présents dans la région du Lac-Saint-Jean la semaine prochaine, et qu'ils étaient, au demeurant, très confiants en leurs chances de succès.

«C'est une circonscription qu'il est important pour nous de gagner, a soutenu le député et ex-candidat à la chefferie Maxime Bernier. Nous sommes seulement 11 élus du Québec; nous devons avoir plus de députés québécois au Parlement si nous voulons remporter la prochaine élection.»

Au scrutin d'octobre 2015, Denis Lebel l'avait emporté avec seulement 33,3 pour cent des voix comparativement à 45,7 pour cent des voix en 2011. Il avait été chauffé par sa concurrente néo-démocrate, Gisèle Dallaire, qui avait recueilli 28,5 pour cent des suffrages exprimés.

La porte-couleurs orange a décidé de remettre ça pour l'élection complémentaire. Seule personne en lice pour l'investiture du parti dans le comté de Lac-Saint-Jean, elle doit être officiellement désignée candidate le 25 septembre prochain.

«J'ai définitivement des chances», a-t-elle insisté à l'autre bout du fil.

L'argent, par contre, pourrait être un handicap: les coffres néo-démocrates sont nettement moins garnis que ceux des conservateurs et des libéraux.

Mais Gisèle Dallaire considère que son plus grand adversaire n'est ni l'argent, ni les deux candidats officiellement en lice.

«C'est M. Trudeau qui est mon principal adversaire, parce qu'il est tellement populaire», a-t-elle candidement lâché.

Ça, et «la carte du pouvoir contre les vrais enjeux», a enchaîné Mme Dallaire.

Au Bloc québécois, on n'a pas encore désigné de candidat en vue de ces élections partielles. La chef de la formation indépendantiste, Martine Ouellet, a écarté en juin dernier la possibilité de s'y présenter.

La date de l'élection complémentaire n'est pas encore connue. Le premier ministre Justin Trudeau a jusqu'au 20 février 2018 pour convoquer l'élection, dont la campagne devra être d'au moins 36 jours, selon les règles d'Élections Canada.

Dès le lendemain de l'annonce de son départ, le 19 juin, Denis Lebel a été nommé président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec. Il est entré en fonction en septembre.




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