Andrew Scheer conscient du besoin de se faire connaître des Canadiens

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Andrew Scheer

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Etobicoke

« Andrew qui ? », titre en une de son édition du dimanche le quotidien Toronto Star, au lendemain de l'élection surprise du Saskatchewanais à la tête du Parti conservateur du Canada.

Le Andrew en question - Scheer est son nom de famille, pour précision - a les yeux rougis et les traits tirés en ce dimanche matin, quelques heures après sa victoire à l'arraché contre celui qui était donné favori dans ce marathon électoral, Maxime Bernier.

Il a coiffé son rival au poteau au 13e et ultime tour, avec une mince marge de 1 % - et ce, après s'être maintenu en deuxième position derrière le Beauceron dans chacune des 12 rondes précédentes.

C'était Maxime Bernier que plusieurs observateurs et sondages voyaient au fil d'arrivée. C'était lui qui, avec le candidat démissionnaire Kevin O'Leary, monopolisait la couverture médiatique, s'étant détaché du peloton des 13 aspirants à la succession de Stephen Harper.

Mais grâce au vote des producteurs agricoles opposés à l'abolition de la gestion de l'offre que préconisait son rival Bernier et grâce au vote de l'aile droite conservatrice antiavortement, Andrew Scheer a doublé son concurrent et s'est sauvé in extremis avec la victoire.

L'ancien président de la Chambre des communes se dit conscient qu'il devra consacrer les prochains mois à faire le plein de notoriété, n'ayant pas défrayé la chronique autant que le coloré « Mad Max » ou l'ancien dragon de l'émission Dragon's Den.

« Je vais passer mon été à travailler très, très fort sur cela », indique M. Scheer en entrevue avec La Presse canadienne dans une salle du centre des congrès d'Etobicoke maintenant déserté où il a été élu la veille.

Ceci dit, un déficit de notoriété est quelque chose de « normal pour un nouveau chef de l'opposition ».

« J'ai un profil très élevé dans notre parti, et comme président de la Chambre, j'ai eu l'occasion d'avoir de l'attention [médiatique] », tient-il à préciser.

Libéraux et néo-démocrates ont déjà commencé à tenter de le définir auprès de la population canadienne, brossant le portrait d'un leader rétrograde, à l'opposé du progressisme que les deux formations disent incarner.

Ainsi, pour le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, les conservateurs viennent d'élire à la tête de leur parti rien de moins qu'un « dinosaure » en raison, notamment de son bilan antiavortement en matière de vote en Chambre.

« Quand on regarde la force des candidats antichoix, M. Scheer vient de cette famille-là, on est en droit de se demander si la droite morale, la droite chrétienne, vient de prendre le contrôle du parti et qu'on va ramener le débat sur l'avortement », redoute-t-il.

Le chef Scheer demeure vague quand vient le temps de se prononcer sur la façon dont il composerait avec un député d'arrière-ban qui déposerait un projet de loi d'initiative parlementaire qui rouvrirait le débat.

Il a reproché à plusieurs reprises aux représentants des médias, depuis qu'il s'est lancé dans la course jusqu'à ce qu'il la remporte, samedi soir, de vouloir le mettre « dans une boîte oui ou une boîte non » en réclamant plus de clarté sur cette question.

Le nouveau capitaine des troupes conservatrices se contente tout au plus de dire qu'il ne jugerait pas pertinent de débattre d'enjeux qui divisent, car cela fournirait à Justin Trudeau les munitions nécessaires pour décrocher un second mandat en 2019.

« Je pense que c'est le rôle du chef d'encourager nos députés à proposer des idées, des enjeux, qui vont maintenir l'unité de notre caucus », insiste-t-il.

« Quand notre mouvement est brisé, divisé, on perd les élections, c'est sûr ! Et je crois très sincèrement que chaque député de notre caucus réalise que c'est important de maintenir l'unité », plaide Andrew Scheer.

Le nouveau chef du Parti conservateur a reçu dimanche les félicitations de Justin Trudeau, actuellement en déplacement officiel en Italie.

« Ils ont discuté d'enjeux importants notamment que le Parlement fonctionne pour les Canadiens et de l'importance de la relation avec les États-Unis », précise-t-on dans un compte rendu du bureau du premier ministre.

Andrew Scheer a aussi reçu un coup de fil de son prédécesseur à la barre du parti. Stephen Harper, tard samedi soir.

« Nous avons eu une très, très courte conversation ; il m'a félicité et m'a assuré que je pouvais compter sur ses conseils », a relaté celui qui n'a aucun problème avec le surnom « Stephen Harper avec un sourire » dont certains l'ont affublé.

Les positions d'Andrew Scheer

L'Accord de Paris sur le climat et le possible retrait des États-Unis

« Il y a des aspects dans l'accord qui placent le Canada en désavantage et qu'on doit regarder. L'objectif de réduire les émissions, c'est mon objectif [...] Mais si les États-Unis se retiraient de l'accord, on doit avoir une conversation. Et comme opposition, ce sera notre rôle à ce moment-là. »

La légalisation de la marijuana

« Notre caucus doit avoir une conversation si le projet de loi est adopté. Si la marijuana est légale depuis deux ans [et que les conservateurs délogent les libéraux en 2019], on doit avoir une approche réaliste. »

« On va voir si on peut améliorer le projet de loi. Pour moi, l'âge minimum de 18 ans est beaucoup trop jeune, il y a beaucoup de preuves médicales [démontrant] que le cerveau n'a pas fini de se développer à 18 ans. Il y a des risques pour la santé. »

L'âge de Justin Trudeau

« On peut rester fidèles à nos principes conservateurs, mais on doit avoir un chef qui a une nouvelle façon de parler avec les jeunes [...] Nous avons une très bonne occasion, avec un premier ministre aussi vieux que M. Trudeau [45 ans], et il est temps pour ceux de ma génération de prendre notre place. »

Andrew Scheer est âgé de 38 ans.




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