Gestion de l'offre: Maxime Bernier donne raison à Trump

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Le candidat à la direction du Parti conservateur, Maxime Bernier.

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(Ottawa) Le député conservateur Maxime Bernier soutient que le président des États-Unis Donald Trump a tout à fait raison de critiquer le système de gestion de l'offre au Canada, un régime «inéquitable» qui nuit à la concurrence et fait grimper les prix des produits laitiers. Mais s'il souhaite une plus grande ouverture du marché canadien aux producteurs de lait américains, le président Trump doit appliquer la même logique à l'industrie canadienne du bois d'oeuvre en résistant aux pressions des lobbys américains qui réclament l'imposition de tarifs aux exportations canadiennes.

Dans une lettre ouverte qu'il adresse au président américain, Maxime Bernier, qui est considéré comme l'un des meneurs de la course à la direction du Parti conservateur, rappelle qu'il est l'un des rares élus fédéraux à réclamer l'abolition de la gestion de l'offre.

«Monsieur le président, vous avez raison, la gestion de l'offre est inéquitable!», affirme d'emblée le député de Beauce, qui s'est attiré les foudres de certains de ses adversaires dans la course parce qu'il prône l'abolition de cette mesure «protectionniste».

M. Bernier a publié cette lettre ouverte moins de 24 heures après que le président Trump eut de nouveau réclamé des changements importants à l'Accord de libre-échange nord-américain en visant plus fermement le Canada que le Mexique cette fois, notamment à cause de la gestion de l'offre pour les produits laitiers, les oeufs et la volaille.

«Je suis d'accord avec vous que ce système protectionniste est inéquitable pour les agriculteurs du Wisconsin et d'autres États qui ne peuvent vendre leurs produits à leurs voisins canadiens. Mais je trouve que c'est encore plus inéquitable pour un groupe beaucoup plus important: les 35 millions de Canadiens qui paient en moyenne deux fois plus qu'ils ne le devraient pour leurs oeufs, leur poulet et leurs produits laitiers», affirme M. Bernier dans sa lettre.

Après avoir critiqué cette mesure, qui force selon lui les producteurs canadiens «à payer de 24 000 $ à 40 000 $ par vache à cause de ce racket de protection pour un morceau de papier leur donnant le droit de produire une certaine quantité de lait», M. Bernier fait un lien avec les politiques protectionnistes du gouvernement américain dans le dossier du bois d'oeuvre.

«Si c'était moi qui vous répondais dans le bureau du premier ministre lorsque vous appellerez pour demander "Qu'est-ce qui s'est passé?", je vous dirais ceci: Oui, vous avez raison, nous devrions prendre la responsabilité pour cette mauvaise politique, libérer notre marché des produits agricoles, respecter nos consommateurs et vos producteurs, et nous débarrasser de ce système inéquitable. Mais puisque je vous ai au bout du fil, Monsieur le président, qu'est-ce qui s'est passé de votre côté avec le bois d'oeuvre?»

«Je suis sûr que vos fonctionnaires du Département du commerce vous ont dit que depuis des décennies, votre pays a imposé à maintes reprises des tarifs et des quotas sur le bois d'oeuvre canadien, en prétendant que nous subventionnons injustement nos producteurs. Chaque fois que cette question a été portée devant un tribunal du commerce, nous avons été blanchis. Pourtant, vous semblez prêt à céder à l'influence des groupes d'intérêts dans votre pays qui demandent une fois de plus des mesures protectionnistes. N'est-ce pas inéquitable, Monsieur le président?», ajoute-t-il.

«C'est clairement inéquitable pour des centaines de milliers de familles américaines qui doivent payer environ 1000 $ de plus pour une nouvelle maison lorsque ces tarifs de 25% sont appliqués. Inéquitable aussi pour les 3,8 millions d'Américains qui travaillent dans la construction résidentielle, dont l'industrie est rendue moins compétitive et dynamique en raison de ces coûts plus élevés», écrit-il encore.

Selon M. Bernier, il est grand temps de régler ces deux dossiers une fois pour toutes, pour le bénéfice des consommateurs des deux pays. «Je préférerais être là pour négocier directement avec vous, mais vous pourriez en parler à un ami commun, Brian Mulroney. Justin Trudeau a fait une rare bonne chose en lui demandant de l'aider lors de ces négociations. Il connaît très bien ces questions commerciales. Et il est d'accord avec nous qu'il est temps d'abolir la gestion de l'offre.»

«Vous êtes reconnu comme un négociateur coriace, Monsieur le président. Continuez de faire pression sur notre gouvernement pour ouvrir nos marchés agricoles. Mais la meilleure façon de négocier dans l'intérêt fondamental de vos propres citoyens serait de faire la même chose avec votre marché du bois d'oeuvre, au lieu d'appliquer des politiques protectionnistes absurdes. Marché conclu?», conclut-il dans sa lettre.

Andrew Scheer réagit

L'un des adversaires de M. Bernier dans la course, le député Andrew Scheer, a vivement réagi aux propos du président Trump, estimant que les Etats-Unis n'avaient qu'eux-mêmes à blâmer pour la surproduction de lait sur le territoire américain. Et il s'est porté à la défense de la gestion de l'offre.

«Les États-Unis sont les seuls à blâmer pour les surplus de lait qu'on constate actuellement de leur côté. La gestion de l'offre permet justement d'éviter la surproduction et permet aux consommateurs d'avoir accès à des produits de haute qualité.

«Également, M. Trump devrait savoir que l'industrie laitière américaine est grandement subventionnée ce qu'il fait en sorte de baisser les coûts de production. Malheureusement, Justin Trudeau, comme Maxime Bernier, veut débuter les négociations avec les États-Unis en offrant nos producteurs sous la gestion de l'offre comme monnaie d'échange. C'est inacceptable», a-t-il dit, promettant de défendre ce régime bec et ongles devant les États-Unis.




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