Musulmans refoulés à la frontière: Goodale n'en a pas parlé à Washington

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Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, n'a pas abordé avec son homologue américain les cas de citoyens canadiens de confession musulmane qui ont été refoulés à la frontière ces derniers jours.

«L'occasion ne s'est pas présentée», a-t-il justifié en mêlée de presse mardi matin, au lendemain de sa rencontre avec le secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, John Kelly, à Washington.

«Mais j'ai l'intention de m'assurer que le nouveau secrétaire est au courant des préoccupations légitimes des Canadiens pour que nous puissions travailler afin de nous assurer que les citoyens des deux pays sont traités correctement et avec respect», a-t-il ajouté.

Le ministre Goodale a souligné qu'il surveillait la situation «très étroitement», faisant cependant remarquer que des cas de cette nature doivent être «bien documentés» avant d'être présentés si l'on cherche à obtenir «des résultats».

Au moins deux citoyens canadiens de confession musulmane, dont un athlète de l'Université de Sherbrooke qui tentait de se rendre à une compétition d'athlétisme à Boston, ont été interdits d'entrée aux États-Unis après avoir été notamment questionnés sur leur religion.

Lorsqu'il avait été questionné en Chambre la semaine dernière sur l'autre cas qui a été médiatisé, celui d'une femme de Brossard d'origine marocaine refoulée à la frontière, Ralph Goodale avait répondu qu'il en «parlerait avec le gouvernement des États-Unis».

Le ministre de la Sécurité publique était l'un des membres du cabinet qui accompagnaient le premier ministre Justin Trudeau à la Maison-Blanche pour sa première rencontre officielle avec le président Donald Trump.

La délégation canadienne - les ministres Chrystia Freeland (Affaires étrangères), Harjit Sajjan (Défense), Marc Garneau (Transports) et Bill Morneau (Finances) étaient aussi du voyage - est rentrée avec peu de réponses précises tant sur les enjeux frontaliers que commerciaux.

Le sort de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est l'une des grandes questions qui restent en suspens. En conférence de presse, lundi, le président Trump a assuré qu'il envisageait seulement des «ajustements mineurs» aux éléments liant le Canada aux États-Unis.

Mais qu'entendait le nouveau locataire de la Maison-Blanche, au juste, par «ajustements mineurs»?

Aucun ministre fédéral titulaire d'un portefeuille économique n'a voulu se lancer dans les spéculations, mardi.

«Les négociations ne sont pas commencées. Le secrétaire au Commerce n'est pas confirmé, le USTR (représentant des États-Unis au Commerce extérieur) n'est pas confirmé», a fait valoir Chrystia Freeland.

«Alors ce n'est pas possible pour nous de commencer les négociations au niveau technique. (...) La conversation hier avec le président était très productive; c'est un bon début», a-t-elle enchaîné lors d'un bref échange à l'issue de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.

Son collègue Garneau, qui préside le comité du cabinet chargé des questions concernant les relations canado-américaines, n'a pas spécifié quelles modifications à l'ALENA le gouvernement canadien pourrait mettre de l'avant à la table de négociation.

«Il faut attendre que les États-Unis nous proposent ces ajustements. On ne peut pas anticiper, on ne sait pas exactement ce qui va être proposé. (...) On va attendre de voir ça, et c'est fort possible que nous aussi, on va proposer des ajustements», a-t-il expliqué.

Le porte-parole conservateur en matière de finances, Gérard Deltell, a pour sa part relevé que les définitions des termes employés lundi par le président Trump pourraient varier en fonction du dictionnaire de référence.

«Ça veut dire quoi, ça, des ajustements?», a-t-il soulevé en point de presse dans le foyer des Communes.

«Des petits ajustements aux États-Unis peuvent (vouloir) dire gros impact au Canada, bien entendu: ils sont dix fois plus nombreux, et l'économie est dix fois plus forte que celle du Canada en termes de proportion», a soutenu M. Deltell.




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