Trudeau amorce à Cuba une visite d'une semaine en Amérique du Sud

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Le cabinet du premier ministre a déjà indiqué que le voyage officiel serait consacré au commerce et aux investissements, mais le contexte de ces échanges a quelque peu changé depuis l'élection à la Maison-Blanche de Donald Trump, farouchement opposé au libre-échange - du moins en l'état actuel.

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Jordan Press
La Presse Canadienne
OTTAWA

La visite de Justin Trudeau à Cuba - la première d'un chef de gouvernement canadien depuis près de 20 ans - constitue l'étape initiale d'une mission commerciale et politique d'une semaine qui mènera aussi le premier ministre en Argentine et au Pérou.

Cette visite à Cuba constitue une étape nécessaire et symbolique parce que ce pays est la porte d'entrée politique et diplomatique du continent, croit Allan Culham, ex-ambassadeur canadien à l'Organisation des États américains (OÉA). Selon lui, Cuba constitue un rite de passage dans les Amériques, un sauf-conduit qui assure une crédibilité pour la suite de toute visite officielle dans cette région.

Le cabinet du premier ministre a déjà indiqué que le voyage officiel serait consacré au commerce et aux investissements, mais le contexte de ces échanges a quelque peu changé depuis l'élection à la Maison-Blanche de Donald Trump, farouchement opposé au libre-échange - du moins en l'état actuel.

Face à ce relent de protectionnisme aux États-Unis, M. Culham croit que les Canadiens pourraient jouer un rôle accru en Amérique latine, avec l'appui de démocraties libérales comme celle de l'Argentine.

La réputation du Canada dans cette région a cependant été écorchée depuis une dizaine d'années à cause d'inquiétudes populaires entourant des projets de développement minier, rappelle John Kirk, professeur au département d'études espagnoles et latino-américaines à l'Université Dalhousie, à Halifax. Selon lui, plusieurs de ses étudiants qui se trouvent en Amérique latine ont retiré l'unifolié sur leur sac à dos depuis le passage des conservateurs de Stephen Harper à Ottawa.

À Cuba, M. Trudeau doit s'entretenir dès son arrivée, mardi, avec le président Raul Castro, à La Havane, avant d'assister à un dîner d'État. Son agenda ne prévoit pas pour l'instant de rencontre avec l'ex-président Fidel Castro, qui avait été un ami de Pierre Elliott Trudeau - le «lider maximo» était d'ailleurs venu à Montréal assister à ses funérailles d'État en 2000.

Aujourd'hui âgé de 90 ans, Fidel Castro reçoit rarement des leaders étrangers, mais Justin Trudeau pourrait bien obtenir une faveur particulière, estime M. Culham. D'autant plus que le Canada, sous le gouvernement de Trudeau père, a été l'un des deux seuls pays occidentaux à ne pas avoir emboîté le pas à Washington et rompu ses relations diplomatiques en 1961 avec l'île devenue communiste. Justin Trudeau doit aussi rencontrer mercredi des étudiants à l'Université de La Havane et des organismes de la société civile.

Le premier ministre doit s'entretenir jeudi avec le nouveau président de l'Argentine, Mauricio Macri, avant de passer la fin de semaine dans la capitale péruvienne, Lima, pour le sommet des pays membres de la Coopération économique de la zone Asie-Pacifique (APEC). On risque d'y discuter beaucoup dans les couloirs de l'engagement du président désigné Trump de retirer les États-Unis du Partenariat transpacifique.

La promesse de M. Trump et la décision de Barack Obama de ne pas forcer le Congrès à ratifier cet accord de libre-échange avant son départ de la Maison-Blanche pousseront maintenant M. Trudeau et les autres leaders des pays signataires à ramasser les pots cassés.

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