Congrès conservateur: un premier oui aux mariages gais

Les députés conservateurs du Québec ont mis tout... (Archives La Presse, Olivier Jean)

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Les députés conservateurs du Québec ont mis tout leur poids dans la balance afin de s'assurer de l'adoption de cette résolution en atelier, jubilaient à l'issue du vote. (photo: le député de Beauce Maxime Bernier a voté en faveur de la motion).

Archives La Presse, Olivier Jean

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(VANCOUVER) Après un vibrant plaidoyer de la chef intérimaire, Rona Ambrose, les militants du Parti conservateur ont fait un premier pas vers la reconnaissance des mariages gais - une réalité sur le plan juridique depuis 2005 au Canada.

Les militants ont en effet voté dans une proportion de deux pour un en faveur d'une résolution visant à retirer du programme du parti la définition du mariage selon laquelle il s'agit de l'union entre un homme et une femme.

Cette résolution, adoptée par un vote de 279 à 143, devra maintenant être entérinée samedi par l'ensemble des quelques 2500 membres réunis au congrès national du Parti conservateur.

Les députés conservateurs du Québec, qui ont mis tout leur poids dans la balance afin de s'assurer de l'adoption de cette résolution en atelier, jubilaient à l'issue du vote.

«Je suis très content. Je pense qu'on le dit assez souvent : nous sommes rendus en 2016. La majorité des gens sont en accord sur cet enjeu. Il n'y a pas de discrimination pour nous autres. On peut être conservateur et avoir un conjoint ou conjointe de même sexe. Ce sont tous des êtres humains et ils ont le droit de faire leur vie. Aujourd'hui, on peut s'occuper bien plus d'économie et laisser faire ces questions de type sociale comme celle-là», a lancé le député conservateur de Richmond-Arthabaska, Alain Rayes.

«Nous sommes en 2016 et c'est le temps de faire de la politique pour gérer les affaires de l'État et ne pas s'occuper de ce qui se passe dans la chambre à coucher des gens. C'est important et de plus en plus de conservateurs pensent comme nous ici. On doit être un parti ouvert à tous», a renchéri le député de Mégantic-L'Érable, Luc Berthold.

MM. Rayes et Berthold se sont dit optimistes de voir l'ensemble des délégués adopter cette même résolution samedi.

Un député conservateur de la Saskatchewan, Brad Trost, s'est fortement opposé à ce changement et il a fait savoir qu'il n'appuierait, dans la course au leadership, aucun des candidats qui ont voté en faveur de la motion, notamment le député conservateur de Beauce Maxime Bernier et la députée ontarienne Kellie Leitch.

Décriminaliser la possession de marijuana

Les militants se sont aussi prononcés en faveur d'une autre résolution qui aurait pour effet de décriminaliser la possession simple de marijuana alors que le gouvernement Trudeau a fait savoir qu'il compte légaliser cette drogue douce d'ici un an. Même l'ancien député conservateur et ancien chef de la Police provinciale de l'Ontario, Julian Fantino, a plaidé en faveur de la décriminalisation de la marijuana, faisant valoir qu'il était préférable d'imposer une amende à tout individu qui se voit arrêter en possession de cette drogue plutôt que de l'accuser au criminel.

Rona Ambrose ne pourra briguer la direction du parti

Les membres du Parti conservateur ont résolument écarté l'option de permettre à la chef par intérim, Rona Ambrose, de briguer le poste permanent dans la course à la succession de Stephen Harper.

Une motion de dernière minute réclamait un changement aux règles de la course pour qu'elle puisse se présenter, mais cette proposition a été rejetée vendredi au congrès du parti, qui se déroule en fin de semaine à Vancouver.

Quelques délégués étaient frustrés que cette question fasse l'objet d'un débat, puisque, disent-ils, Mme Ambrose connaissait les règles lorsqu'elle a été désignée chef intérimaire.

Le nouveau chef permanent du parti sera élu dans un an exactement, le 27 mai 2017. Trois candidats sont déjà officiellement dans la course, mais plusieurs autres pensent se lancer, profitant de la convention pour tâter le terrain.

Dépenses de campagne

Par ailleurs, le parti a révélé qu'il avait dépensé 42 millions de dollars lors de la dernière campagne électorale, qui s'est soldée par une défaite pour les conservateurs, relégués au statut d'opposition officielle. C'est 12 millions de moins que le maximum permis par Élections Canada, qui s'élevait à 54 millions.

Le président du Fonds conservateur, Irving Gerstein, a dit aux délégués, vendredi, que personne ne lui avait suggéré que la défaite du parti s'expliquait par ses dépenses trop modestes.

Le parti avait amorcé la campagne avec 15 millions dans ses coffres, des économies provenant des subventions par vote prévues par la loi - une mesure que les conservateurs avaient fini par abolir lorsqu'ils étaient au pouvoir.

À ce montant, ils ont additionné un prêt de 28 millions pour financer la campagne historiquement longue. La dette a été, depuis, remboursée.

Depuis le début de l'année 2016, le parti a encaissé 5,7 millions, un record pour un premier trimestre hors des périodes électorales.

M. Gerstein a précisé que le parti espérait accumuler au moins 10 millions d'ici la campagne de 2019, qui risque d'être beaucoup moins longue que la dernière. Pour y arriver le parti devra toutefois se serrer la ceinture, a-t-il prévenu.

M. Gerstein est impliqué dans le financement politique depuis des dizaines d'années et il a été nommé au Sénat par l'ex-premier ministre Stephen Harper en 2009.

Cette nomination avait amené son lot de controverses étant donné qu'il est perçu comme le collecteur de fonds du parti. Et ce n'est pas faux, a-t-il reconnu.

« Le travail de collecter des fonds pour le Parti conservateur et pour tous les partis est aussi nécessaire qu'honorable », a-t-il déclaré.

M. Gerstein a annoncé que l'ancien premier ministre Harper serait nommé au comité du Fonds conservateur à sa prochaine réunion, en juin.

La transparence sur les finances du parti constitue un irritant pour certains conservateurs, et M. Gerstein a d'ailleurs été brièvement chahuté pendant son allocution.

Plusieurs résolutions qui proposent une nouvelle gestion des finances feront l'objet de débats au congrès.

Les musulmans ont fui le parti aux élections, selon une membre

Une femme musulmane et membre du Parti Conservateur s'est effondrée en larmes vendredi, au moment où elle réprimandait son parti sur son approche envers la communauté musulmane pendant la dernière campagne électorale.

Urz Heer estime que le parti a travaillé activement contre sa communauté et qu'il n'a pas su montrer la différence entre les terroristes et les musulmans de tous les jours.

Selon elle, de nombreux électeurs musulmans qui s'abstenaient auparavant ont voté cette fois-ci contre les conservateurs en raison de la campagne.

Deux dossiers controversés - l'interdiction de porter un voile couvrant le visage aux cérémonies de citoyenneté et la proposition d'une ligne téléphonique pour dénoncer des « pratiques culturelles barbares » - ont été mis de l'avant par les conservateurs lors de la campagne.

Mme Heer a souligné que seulement une poignée de musulmans étaient présents au congrès national du parti cette semaine. Selon elle, le parti devrait ajuster son message pour rejoindre un électorat plus large.

La militante a fait ces commentaires lors d'une session qui portait les succès et les erreurs de la dernière campagne électorale.

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