Ottawa réfléchit à sa participation au bouclier antimissile

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Le gouvernement Trudeau a lancé ce mois-ci une consultation pour examiner la politique de défense du Canada. Au nombre des questions abordées: doit-on participer au bouclier antimissile balistique des États-Unis, une idée de l'administration de George W. Bush?

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Onze ans après son refus initial, le Canada doit-il maintenant participer au bouclier antimissile américain ? Le gouvernement Trudeau se pose la question, et deux des trois principaux partis de l'opposition sont d'accord avec l'idée d'y réfléchir.

Le gouvernement Trudeau a lancé ce mois-ci une consultation pour examiner la politique de défense du Canada. Au nombre des questions abordées : doit-on participer au bouclier antimissile balistique des États-Unis, une idée de l'administration de George W. Bush? Sans prendre position, le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan veut une «discussion large et ouverte», soulignant l'évolution de la «menace de missiles balistiques avec un potentiel d'atteindre l'Amérique du Nord».

Le Parti conservateur et le Bloc québécois n'ont pas pris position actuellement mais trouvent que le gouvernement Trudeau fait bien d'étudier la question. Le NPD, lui, est clairement opposé à la participation du Canada et dénonce la consultation entreprise par les libéraux. «Ils veulent revoir notre rôle dans le système de Star Wars qu'on a rejeté il y a maintenant dix ans. Est-ce que le premier ministre ne pourrait pas se contenter d'aller voir La Guerre des étoiles au cinéma? Pourquoi veut-il embarquer la population dans une gamique inutile qui va nous coûter des milliards de dollars?», a demandé le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, hier, à la Chambre des communes.

«Dans notre intérêt»

David McDonough, directeur de la recherche à l'Institut de la Conférence des associations de la défense (ICAD) et fellow à l'Université Dalhousie, pense que le Canada doit participer au bouclier antimissile américain comme membre du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD). «C'est dans notre intérêt de savoir ce que les États-Unis font, dit-il. [Sans notre participation], les États-Unis pourraient nous protéger - et je doute fortement qu'ils ne le fassent pas -  [en cas d'attaque], mais il n'y aurait pas de garantie.»

44
Nombre d'intercepteurs américains de missiles à longue portée prévu en 2017 dans le cadre du bouclier antimissile américain. Le bouclier passera ainsi de 30 à 44 intercepteurs en sol américain.

Le chercheur à l'ICAD fait aussi valoir que la situation a changé depuis que le gouvernement minoritaire de Paul Martin a choisi en 2005 de ne pas participer au bouclier antimissile du président Bush. «L'OTAN [dont le Canada fait partie] a déjà accepté une défense de bouclier antimissile en Europe en 2010, nous avons accepté de facto cette situation», dit David McDonough.

Plusieurs craintes autour du projet ont aussi été dissipées au fil des ans. Le Sénat s'est d'ailleurs prononcé en faveur de la participation du Canada en 2014. Le gouvernement Harper avait dit vouloir «étudier très, très attentivement» le rapport du Sénat, mais aucun changement n'a eu lieu. «Est-ce que [ce projet] a rendu le monde moins stable? Je ne pense pas», dit David McDonough.

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