Les libéraux prêts à légaliser la marijuana

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Selon un militant de longue date pour la légalisation du cannabis, l'avocat Alan Young, l'argument en défaveur le plus convaincant est la crainte d'une réaction négative des États-Unis, le plus grand partenaire commercial du Canada.

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La Presse Canadienne
OTTAWA

Il aura fallu plus de 40 ans au gouvernement du Canada pour s'engager formellement à légaliser la marijuana, mais le gouverneur général, David Johnston, l'a fait vendredi par la lecture du discours du Trône, qui établit les priorités du nouveau gouvernement libéral.

Les libéraux ont fait il y a plus d'un an la promesse de légaliser cette drogue douce - engagement rapidement critiqué par les conservateurs dans des publicités laissant entendre que les enfants pourraient bientôt s'acheter un joint au dépanneur.

Cette campagne de peur n'a pas réussi à empêcher les libéraux de remporter une majorité au Parlement le 19 octobre. Mais parmi l'abondance de priorités qu'avait établies en campagne électorale le chef libéral, Justin Trudeau, personne n'était absolument convaincu que la légalisation de la marijuana demeurerait au programme.

Ce fut confirmé vendredi, dans le discours du Trône, dans une section nommée «Sécurité et possibilités»: quelque 43 ans après qu'une commission d'enquête fédérale dirigée par Gerald Le Dain eut recommandé en 1972 que le Canada cesse de poursuivre les gens pour la simple possession ou la culture du cannabis.

Dans le rapport de la commission, le juge affirmait que la perception du danger du cannabis était très différent de ce que la loi suggérait et que tout changement de la loi serait en fait perçu comme une reconnaissance «tardive» des faits.

Donald MacPherson, le directeur de la Coalition canadienne de la politique sur les drogues, affilié au centre de recherche appliquée sur la santé mentale et les dépendances de l'université Simon Fraser, considère que le discours du Trône de vendredi était «révolutionnaire».

Le discours lu par M. Johnston affirmait que le gouvernement ferait passer la sécurité de la population notamment par des mesures législatives «qui légaliseront et réglementeront la consommation de marijuana et limiteront l'accès à cette substance».

La décriminalisation ou la légalisation est discutée «dans pratiquement tous les pays où le cannabis est consommé», a dit M. MacPherson en entrevue depuis Kelowna, en Colombie-Britannique. Les professionnels de la santé publique la réclament depuis longtemps, a-t-il ajouté.

Le taux de consommation de pot chez les jeunes canadiens atteint des sommets et il vaudrait la peine de tester une politique de réglementation intelligente pour restreindre l'accès.

«On ne peut pas faire pire qu'en ce moment», a-t-il lâché.

Selon un militant de longue date pour la légalisation du cannabis, l'avocat Alan Young, l'argument en défaveur le plus convaincant est la crainte d'une réaction négative des États-Unis, le plus grand partenaire commercial du Canada. Mais il ne tient plus la route, croit-il, puisque l'opinion publique américaine a énormément changé dans les dix dernières années.

L'interdiction de la marijuana a imposé «un poids énorme sur un système de justice criminelle qui est déjà débordé», a fait valoir ce professeur à l'école de droit Osgoode Hall.

M. Young espère un changement de politique depuis plus de 30 ans. Il a été déçu par plusieurs gouvernements auparavant, mais cette fois-ci, il y croit, pour avoir discuté directement de la chose avec M. Trudeau.

«Mais je ne veux pas dépeindre Justin Trudeau comme un héros, a-t-il ajouté, parce qu'il arrive à un moment facile, après que les États-Unis se sont calmés face à la drogue.»

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