Chambre des communes: un premier élu du Québec à la présidence depuis 30 ans ?

Le libéral Denis Paradis convoite les fonctions de... (Photo Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Le libéral Denis Paradis convoite les fonctions de président de la Chambre des communes.

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(Ottawa) Le député libéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, pourrait devenir le premier élu du Québec en plus de 30 ans à occuper les fonctions de président de la Chambre des communes.

La dernière fois qu'un député du Québec a accédé à de telles fonctions remonte à 1984, quand l'ancienne ministre libérale Jeanne Sauvé est devenue la première femme à assurer le bon déroulement des travaux de la Chambre des communes. Mme Sauvé a été présidente des Communes de 1980 à 1984, avant de devenir gouverneure générale du Canada.

Mais à l'époque, le président des Communes était nommé par le premier ministre. Depuis 1986, il est élu par l'ensemble des députés. Résultat : Denis Paradis est toujours en campagne, après s'être astreint à une longue bataille électorale de 78 jours, mais cette fois-ci auprès des quelque 330 autres députés élus le 19 octobre.

L'élection du président de la Chambre des communes sera d'ailleurs la toute première tâche à laquelle devront s'attaquer les députés à la reprise des travaux parlementaires, demain. Vendredi, le gouvernement Trudeau présentera son discours du Trône.

En tout, quatre candidats convoitent ce poste prestigieux. Outre M. Paradis, les autres aspirants sont les députés libéraux Geoff Regan (Halifax-Ouest) et Yasmin Ratansi (Don Valley-Est) ainsi que le député conservateur Bruce Stanton (Simcoe-Nord).

Il semble que la lutte se dessine essentiellement entre M. Paradis et M. Regan, qui est un député libéral bilingue de la Nouvelle-Écosse. Mme Ratansi ne parle pas le français - le bilinguisme est une qualité essentielle pour occuper la présidence, selon plusieurs députés - tandis que M. Stanton est issu des banquettes de l'opposition et il est rarissime qu'un député qui ne fait pas partie de l'équipe gouvernementale réussisse à s'imposer.

Jusqu'ici, M. Paradis s'est adressé à la presque totalité des députés. Il doit à nouveau solliciter leur appui aujourd'hui en présentant ses ambitions devant le caucus du Nouveau Parti démocratique et un groupe de députés conservateurs. Au cours des dernières semaines, il a aussi pris soin de rencontrer le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, à Québec, et le président de l'Assemblée législative de l'Ontario, Dave Levac, à Toronto.

« Je pense avoir les qualités requises pour devenir président. Je vois la fonction de président non seulement comme celui qui doit faire respecter la procédure et le décorum, mais aussi celui qui doit s'occuper de l'administration de la Chambre et de ses services, et d'encourager la diplomatie parlementaire. », dit Denis Paradis.

M. Paradis, qui a été bâtonnier du Barreau du Québec en 1992-1993 avant de faire le saut en politique en 1995, n'est certes pas un néophyte en matière de procédure. En plus d'avoir été député pendant 11 ans (1995 à 2006), il est aussi l'auteur de l'ouvrage Règles de procédure devant les tribunaux administratifs, publié en 1985.

L'enjeu de la sécurité

L'un des défis que devra relever le prochain président, selon M. Paradis, sera de maintenir l'équilibre entre la nécessaire sécurité de la colline parlementaire dans la foulée de la fusillade du 22 octobre 2014 au parlement et le désir d'avoir une institution qui demeure accessible aux Canadiens.

« Il ne faut pas que les mesures de sécurité empêchent les gens d'avoir accès à leur parlement. Il y a un équilibre à maintenir entre ces deux aspects », a indiqué M. Paradis, qui a été secrétaire d'État dans le précédent gouvernement libéral (secrétaire d'État chargé de l'Amérique latine, de l'Afrique et de la Francophonie de 2002 à 2003 et ministre d'État chargé des institutions financières de 2003 à 2004).

L'autre défi qu'il voit poindre à l'horizon est celui d'adapter les services offerts aux députés à la réalité de 2015. « Le Parlement compte beaucoup plus de jeunes députés et de jeunes familles. Les familles avec de jeunes enfants ont besoin de services qui sont propres à leur situation. Par exemple, des députés du Québec m'ont dit que les services de garderie ferment à 17 h alors qu'il y a souvent des votes le soir à 18 h 30. Il y a une panoplie de choses à examiner pour faciliter la vie d'un député en 2015. Je trouve cela important », a-t-il dit.

Une autre priorité de M. Paradis est d'encourager les parlementaires à tisser des liens plus étroits avec leurs homologues étrangers - une formule qu'il appelle la démocratie parlementaire. « Il faut qu'on soit des vendeurs des valeurs canadiennes et qu'on échange davantage avec les parlementaires d'autres pays à travers le monde, surtout dans ce monde perturbé dans lequel on vit », a-t-il précisé.

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