Niqab: Mulcair convaincu d'avoir pris la bonne position

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Thomas Mulcair croit qu'il est malavisé de vouloir diviser les Canadiens sur des enjeux comme l'ethnie et la religion.

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Kristy Kirkup
La Presse Canadienne
Ottawa

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Thomas Mulcair est convaincu d'avoir pris la bonne décision en s'opposant à Stephen Harper sur l'interdiction de porter le niqab au cours des cérémonies de citoyenneté.

Dans sa première entrevue postélectorale, M. Mulcair a confié à La Presse Canadienne que le choix de garder sa position «de principe» sur le port du niqab constituait l'un des moments les plus importants de sa carrière politique.

«Ce sont des moments décisifs pour moi dans ma carrière politique et dans la campagne. Est-ce qu'un résultat différent aurait pu être obtenu? Peut-être», a-t-il déclaré.

«Mais je n'allais pas faire ce que je n'ai jamais fait dans ma carrière. J'ai toujours été quelqu'un qui s'est tenu debout pour défendre mes convictions», a-t-il poursuivi.

L'enjeu du niqab est devenu un enjeu épineux pour le NPD en campagne électorale et certains suggèrent que le débat a propulsé la chute du parti au Québec.

Tout cela a commencé avec un jugement de la Cour d'appel fédérale, tombé à la mi-campagne, qui avait confirmé la décision d'une cour inférieure permettant le port du voile au cours des cérémonies de citoyenneté au Canada.

M. Mulcair continue de croire qu'il «a fait la bonne chose en s'élevant contre M. Harper sur cet enjeu».

«Je lui citerais ses députés, qui ont divisé (le pays), qui parlaient de citoyens de couleur ou qui parlaient des femmes musulmanes en leur disant qu'elles devraient retourner dans leur pays», a-t-il déploré.

«Je n'allais pas faire partie de cela. J'ai trouvé cela honteux», a-t-il tranché. M. Mulcair croit qu'il est malavisé de vouloir diviser les Canadiens sur des enjeux comme l'ethnie et la religion.

Le chef néo-démocrate affirme qu'il s'est tenu occupé dans les jours suivant l'élection en téléphonant aux députés défaits et victorieux, et en passant du temps avec sa famille.

«J'ai tellement d'admiration et une profonde affection pour chaque personne qui a été impliquée dans notre caucus et je veux m'assurer de les garder près (du parti)», a-t-il affirmé.

Le chef néo-démocrate n'a jamais laissé entendre lors de l'entretien qu'il a songé à quitter son poste.

Au contraire, M. Mulcair a souligné que son parti avait encore beaucoup à offrir, surtout au moment où le prochain gouvernement libéral de Justin Trudeau se préparera à participer à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris.

Il prévoit également mettre de l'avant la réforme électorale. «Tant M. Trudeau que moi avons dit que l'élection de 2015 serait la dernière du système uninominal à un tour. Nous devrons y donner suite. Je crois aussi que le modèle proportionnel est la seule façon d'amener vraiment du changement», a-t-il expliqué.

Le Parti libéral s'est engagé à créer un comité multipartite qui examinera toutes les options de réformes électorales - dont le mode de scrutin proportionnel - et à déposer un projet de loi dans ses premiers 18 mois au pouvoir.

Sa mince consolation de l'élection à laquelle le NPD a terminé en troisième place aura été de contribuer à défaire le gouvernement Harper après neuf ans au pouvoir, a-t-il souligné.

«La priorité la plus importante était de défaire et remplacer le gouvernement de Stephen Harper. Je suis très satisfait et c'est ma mince consolation», a-t-il expliqué.

M. Mulcair estime que le passage du NPD sur les bancs de l'opposition officielle a grandement contribué à ce résultat.

«Nous l'avons eu plusieurs fois en démontrant ses raccourcis éthiques et pendant la campagne nous avons été très durs avec lui. Je crois que, le moins qu'on puisse dire, c'est que nous y avons contribué et que cette mission a été accomplie. C'était l'objectif clé que j'avais fixé et nous avons fait le travail. Il n'est plus là», a-t-il fait valoir.

Le chef néo-démocrate croit qu'il y avait un fort désir de changement au Canada pour cette élection et il compte bien jouer son rôle d'opposition dans cet esprit.

«Nous allons nous assurer que le changement positif dont nous avons toujours parlé, soit toujours là lorsque nous avons des choses en commun. Et quand le gouvernement aura des opinions différentes de nous, nous allons (nous assurer) que le public a toute l'information pour qu'il comprenne ce qui se passe», a-t-il conclu.

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