Ottawa octroie un important contrat de camions militaires

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Les conservateurs ont d'abord identifié que les véhicules étaient une priorité en 2006, mais deux programmes d'achat ont échoué.

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La Presse Canadienne
OTTAWA

Le gouvernement Harper doit espérer que la troisième fois sera la bonne en annonçant jeudi l'octroi d'un contrat pour des camions militaires attendus depuis fort longtemps.

Le ministre de la Défense, Jason Kenney, et la ministre des Travaux publics, Diane Finley, ont annoncé conjointement, à Sainte-Claire, dans la région de Chaudière-Appalaches, qu'une entreprise américaine a remporté deux contrats d'une valeur de 834 millions de dollars pour fournir 1500 camions, 300 remorques et 150 systèmes de protection blindée pour les véhicules.

«Je suis heureux que nous allions de l'avant avec une autre acquisition d'équipement essentiel pour les courageux hommes et les courageuses femmes des Forces armées canadiennes, a déclaré par communiqué le ministre Kenney. Ces camions modernes se verront confier le transport lourd pour les forces militaires.»

Lorsqu'ils seront livrés en 2017-2018, ils remplaceront des camions datant des années 1980, la plupart d'entre eux ayant déjà été remisés par l'armée en raison de problèmes de sécurité ou d'entretien.

Les conservateurs avaient d'abord déterminé en 2006 que le remplacement de ces véhicules était une priorité, mais deux programmes d'achat ont échoué. L'un d'entre eux a été annulé en 2012, juste au moment où les soumissionnaires allaient déposer leurs offres.

L'assemblage des véhicules sera fait au Québec et Mme Finley a dit que les contrats - octroyés à Mack Defense LLC, d'Allentown en Pennsylvanie - entraîneront la création de 590 emplois au Canada et permettront d'en conserver 110 autres.

Les contrats exigent aussi de la firme américaine qu'elle offre cinq ans de soutien en service assortis d'une période supplémentaire pouvant aller jusqu'à 15 ans.

Des documents internes montrent que la décision d'interrompre le programme résultait directement de coupes budgétaires à la Défense nationale.

L'ancien sous-ministre Rob Fonberg, dans une note au ton exceptionnellement tranché, prévenait le gouvernement il y a trois ans que reporter le remplacement des camions militaires ferait grimper les coûts du programme.

«L'impact potentiel des délais prévus est que pour chaque année de délais, il est estimé que (portion caviardée) moins de véhicules pourront être acquis», indique une note datée du 27 novembre 2012, obtenue par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

La note prévient que le report ajouterait jusqu'à 48 millions au coût du programme de 800 millions.

Le montant de 834 millions, annoncé jeudi, semble montrer que l'évaluation de M. Fonberg n'était pas loin du compte.

Un débat interne féroce a suivi l'annulation du projet en 2012, selon d'autres notes internes obtenues par La Presse Canadienne.

Le message a été livré aux autorités militaires - à l'armée en particulier - qu'elles devaient réduire leurs attentes. Deux scénarios étaient développés, le gouvernement étant prêt à financer un maximum de 1500 camions.

«Il y a eu et il y aura encore certains compromis nécessaires, étant donné que nous ne pouvons pas nous permettre toutes les ressources dont nous croyons avoir besoin», indique une note au commandant de l'armée, datée du 3 mars 2014.

Le sort financier du programme des camions militaires était étroitement lié à l'échec d'une offre de 2 milliards pour acheter des véhicules blindés de combat rapproché pour l'armée.

Les propositions faisaient partie d'un vaste approvisionnement militaire qui devait se concrétiser après la guerre en Afghanistan.

Bien que l'approvisionnement en camions militaires ait survécu, le programme pour acheter des véhicules de combat rapproché a été annulé en décembre 2013.

«Les réalités fiscales du gouvernement du Canada et l'attention portée à la réduction de la dette, combinées aux tâches les plus probables des Forces armées canadiennes dans l'environnement de sécurité futur ont été les principaux facteurs considérés dans cette recommandation», avait écrit par lettre le plus haut commandant militaire du pays, le général Tom Lawson, au ministre de la Défense d'alors, Rob Nicholson.

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