Trudeau prône un réchauffement diplomatique entre le Canada et le Mexique

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
OTTAWA

La relation entre Ottawa et Washington a été plombée par l'«hyperpartisanerie» du gouvernement Harper, et son amélioration passe entre autres par un réchauffement des liens diplomatiques entre le Canada et le Mexique, estime Justin Trudeau.

Il s'agit de l'une des pistes de solution mises de l'avant par le chef libéral dans un discours consacré aux liens diplomatiques canado-américains, lesquels n'ont cessé de se détériorer sous la gouverne du premier ministre Stephen Harper, selon M. Trudeau.

Car au fil des dernières années, le chef conservateur a intoxiqué les relations entre Ottawa et Washington avec son approche «hyper partisane», comme en témoignent les accrocs dans le dossier de l'oléoduc Keystone XL, a soutenu M. Trudeau dans cette allocution livrée à Ottawa, lundi.

«Il est temps que le spectacle absurde d'un Canada tyrannique et belligérant - qui a caractérisé la décennie Harper - prenne fin», a-t-il lancé à la fin d'un discours largement consacré à des attaques contre le gouvernement conservateur.

Justin Trudeau promet de donner un coup de barre pour opérer un «vrai changement» au chapitre diplomatique avec les États-Unis si le Parti libéral du Canada (PLC) qu'il dirige est porté au pouvoir aux élections prévues le 19 octobre prochain.

Le Mexique est l'une des clés de voûte pour y parvenir, car ce pays constitue désormais une préoccupation stratégique «équivalente», voire «plus importante» que le Canada aux yeux de Washington, selon lui.

Il s'engage donc à travailler «immédiatement» à lever les exigences sur les visas pour les ressortissants mexicains qui visitent le Canada - une mesure adoptée sous le gouvernement Harper - et à organiser un nouveau sommet trilatéral avec les États-Unis et le Mexique.

Évidemment, la relation privilégiée entre Ottawa et Washington déborde de la question mexicaine.

Et pour l'entretenir, il faut s'assurer de véritablement comprendre la nature profonde des intérêts américains qui définissent ce lien, ce que M. Harper n'a pas su faire, selon M. Trudeau.

«Les États-Unis, tout comme l'Angleterre au 19e siècle, n'ont pas d'amis ou d'alliés permanents. Ils ont plutôt des intérêts permanents», a-t-il exposé.

«Ce n'est pas avec des menaces et un esprit combatif que nous aurons avoir une véritable influence à Washington. Nous devons voir les choses dans leur ensemble, s'assurer de vraiment comprendre la nature profonde des intérêts américains», a poursuivi M. Trudeau.

C'est pourquoi il s'est engagé à créer un comité au sein de son cabinet pour suivre l'évolution de cette relation, spécifiant qu'il souhaiterait que l'ambassadeur du Canada à Washington assiste à ses rencontres «sur une base régulière».

Par ailleurs, le chef libéral, qui soutient le projet d'oléoduc Keystone XL à condition que de robustes mesures de contrôle environnemental soient mises en place, croit aussi qu'il faut négocier avec Washington un accord sur les énergies propres et l'environnement.

«L'Amérique du Nord devrait et pourrait être le producteur d'énergie le plus efficace et le plus responsable», a plaidé M. Trudeau, citant notamment le potentiel d'exploitation hydroélectrique du Canada.

Le chef du PLC a précisé en point de presse qu'il prononcera un discours sur la question environnementale la semaine prochaine.

Entre-temps, sa promesse de lever l'obligation pour les Mexicains d'obtenir un visa avant de pouvoir visiter le Canada a fait réagir du côté du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration.

«Justin Trudeau n'est apparemment pas au courant de nos plans pour passer à une Autorisation de voyage électronique rapide et sécuritaire pour le Mexique», a suggéré dans un courriel Kevin Ménard, l'attaché de presse du ministre Chris Alexander.

Cette mesure comprise dans le projet de loi omnibus sur le budget évite aux voyageurs mexicains qui ont déjà appliqué pour obtenir un visa d'avoir à le faire si leur dossier a été préalablement approuvé, a-t-il expliqué.

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