C-51 inquiète le directeur de Greenpeace

Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International.... (PHOTO ANDREAS GEBERT, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International.

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(Ottawa) Le directeur de Greenpeace International, Kumi Naidoo, estime que le projet de loi antiterroriste C-51 donnera trop de pouvoirs aux agences de sécurité et aura pour effet d'intimider la société civile.

Le militant originaire de l'Afrique du Sud a profité de son passage au Canada pour offrir son point de vue dans ce débat, le jour où des ministres du gouvernement Harper ont défendu leur initiative devant un comité parlementaire.

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a balayé du revers de la main l'affirmation selon laquelle les pouvoirs accrus accordés au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) pourraient leur permettre de perturber des manifestations pacifiques. «C'est ridicule», a-t-il affirmé sans ambages, soulignant à titre d'exemple que le SCRS ne se soucierait pas d'une manifestation qui serait jugée illégale dans les rues de Montréal parce que les organisateurs n'auraient pas obtenu un permis au préalable.

Mais lors d'un entretien téléphonique avec La Presse, le directeur de Greenpeace International s'est dit sérieusement préoccupé par les impacts que pourraient avoir les changements proposés par Ottawa dans la foulée de l'attaque du parlement, en octobre dernier.

«Quand une loi permet à l'appareil de sécurité d'un État de faire certaines choses, il va le plus souvent se ranger du côté de l'application la plus extrême de cette loi», a-t-il affirmé.

M. Naidoo a été emprisonné à plusieurs reprises et a dû quitter l'Afrique du Sud à 15 ans en raison de sa lutte contre l'apartheid. Récemment, le réseau al-Jazeera a fait état de documents secrets dans lesquels les services de renseignement de la Corée du Sud ont demandé à l'Afrique du Sud une «évaluation spéciale» sur lui en vue du sommet du G-20 à Séoul en 2010.

Selon l'activiste, ce genre de manoeuvres est susceptible d'avoir un effet paralysant sur des organisations comme la sienne et de nuire à leurs activités. «Je ne vais pas personnellement être intimidé par cela. Mais je m'inquiète du fait que cela pourrait intimider certaines personnes», a-t-il souligné.

«En retard»

Le ministre de la Justice Peter MacKay et le ministre Blaney ont affirmé que le projet de loi C-51 vise à corriger d'importantes lacunes qui freinent le travail des forces policières et des services de renseignement dans leurs efforts pour contrer le terrorisme.

Le Canada est le seul pays occidental qui ne donne pas à son agence de renseignement (SCRS) le pouvoir de perturber les plans de groupes terroristes, ici ou à l'étranger, a soutenu le ministre Blaney.

«Nous sommes en retard. Présentement, tous les autres services de renseignement de nos alliés font de la réduction de la menace. Ils sont capables de poser des gestes», a laissé tomber M. Blaney, en donnant l'exemple des agences de la France, de la Suède, des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l'Australie, entre autres.

Dans sa mouture actuelle, le projet de loi C-51 donnerait au SCRS le pouvoir de perturber des complots terroristes. Il criminaliserait aussi l'apologie du terrorisme et faciliterait la transmission d'informations entre les différents organismes du gouvernement fédéral.

Greenpeace Canada et d'autres groupes qui s'opposent au projet, dont Amnistie internationale, doivent comparaître demain devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, qui étudie le projet de loi.

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