Projet de loi antiterroriste: le NPD veut entendre d'anciens PM

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney.... (PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney.

PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(OTTAWA) Le NPD souhaite faire témoigner les quatre anciens premiers ministres du Canada, entre autres, qui ont signé une lettre commune la semaine dernière dans laquelle ils pressaient le gouvernement Harper d'incorporer de meilleurs mécanismes de surveillance des activités du SCRS dans son projet de loi antiterroriste.

Ce projet de loi C-51, auquel s'oppose farouchement le NPD en raison des pouvoirs importants qu'il accorderait au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), a été adopté hier soir en deuxième lecture par un vote de 176 à 87 après que le gouvernement eut coupé court aux débats. Il sera maintenant étudié par un comité des Communes.

Le NPD souhaite faire témoigner plusieurs experts ainsi que les signataires de la lettre publiée la semaine dernière dans certains quotidiens, dont La Presse. En plus des anciens premiers ministres Jean Chrétien, Paul Martin, Joe Clark et John Turner, la lettre a été signée par d'anciens juges à la Cour suprême et d'anciens ministres responsables de la sécurité publique.

« Nous voulons ratisser le plus large possible et faire témoigner le plus grand nombre de témoins possible », a confirmé hier à La Presse un stratège néo-démocrate, sous le couvert de l'anonymat.

En point de presse, hier, la députée du NPD Rosane Doré-Lefebvre a également affirmé que le comité doit inviter plusieurs témoins pour bien faire son travail. « J'aimerais beaucoup entendre les gens qui ont signé la lettre, les anciens juges de la Cour suprême, les anciens premiers ministres. J'aimerais entendre des experts en matière de protection de la vie privée, des droits de la personne. On a une très, très longue liste de gens qu'on aimerait voir en comité », a-t-elle dit.

Nouveau rôle

Le projet de loi C-51 vise à donner plus de pouvoirs aux forces de l'ordre pour lutter contre le terrorisme. Il permettrait entre autres au SCRS de passer d'un rôle de simple collecteur d'informations à la possibilité d'agir pour empêcher des actes terroristes. Il n'était débattu que depuis mercredi aux Communes. Le gouvernement a immédiatement imposé une motion d'attribution de temps pour limiter les échanges et le renvoyer directement en comité.

Le Parti libéral du Canada compte proposer des amendements durant l'étude en comité, mais les troupes de Justin Trudeau ont indiqué qu'elles voteront pour les nouvelles mesures même si leurs suggestions ne sont pas retenues. Les libéraux ont d'ailleurs voté en faveur du projet de loi, hier soir. Le NPD continuera de s'y opposer à moins de changements majeurs.

C-51 recueille un fort appui auprès de la population, selon différents sondages. Une enquête menée par la maison Angus-Reid a conclu que quatre Canadiens sur cinq appuient le projet de loi. Mais les deux tiers des répondants ont aussi indiqué qu'il devrait y avoir une meilleure supervision des agences de renseignement.

Jusqu'ici, le gouvernement s'est montré peu réceptif face à ces demandes. « Nous ne sommes pas intéressés par un modèle où ce sont les politiciens qui supervisent », a tranché le premier ministre Stephen Harper jeudi.

En plus des nouveaux pouvoirs pour le SCRS, C-51 propose un meilleur échange d'informations entre les différents ministères fédéraux, un recours plus facile à la détention préventive dans les cas présumés de terrorisme et la possibilité de sévir contre les discours extrémistes sur l'internet.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer