La loi sur la prostitution est inaugurée le jour d'anniversaire de Polytechnique

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Valerie Scott a soutenu que la nouvelle loi ne faisait qu'encourager la violence contre les femmes et continuait de mettre des vies en danger.

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La Presse Canadienne
Ottawa

L'une des femmes derrière une contestation réussie devant les tribunaux de la vieille loi sur la prostitution au Canada déplore le moment choisi pour l'entrée en vigueur de la nouvelle loi controversée.

Le projet de loi C-36, qui a été adopté le mois dernier, entre en vigueur ce samedi, 6 décembre - Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes.

Il s'agit de l'anniversaire de la tuerie ayant coûté la vie à 14 femmes de l'École Polytechnique de Montréal, en 1989.

Valerie Scott soutient que la nouvelle loi ne fait qu'encourager la violence contre les femmes et continue de mettre des vies en danger - et elle qualifie de «tordu» le fait qu'elle entre en vigueur samedi.

Des personnes qui travaillent dans l'industrie du sexe ont exprimé leur dégoût à l'égard de la nouvelle loi sur la prostitution, qui risque de résulter en davantage de victimes selon elles.

«Je crois qu'il s'agit d'un moment malsain et tordu pour son entrée en vigueur, a fait valoir Mme Scott. Ce jour ne devrait pas être uniquement pour les femmes tuées par Marc Lépine (à Polytechnique), mais aussi pour les femmes assassinées par Robert Pickton. Nous sommes exclues - les travailleuses du sexe - de tous ces événements.»

Pickton, un fermier de la Colombie-Britannique, a été condamné il y a sept ans pour les meurtres sordides de six prostituées, et avait été accusé relativement à la mort de 20 autres prostituées.

Cette affaire avait été l'une de celles évoquées par la Cour suprême l'an dernier dans l'invalidation des lois sur la prostitution au pays, arguant qu'elles reniaient aux travailleuses du sexe la capacité de travailler de manière sécuritaire.

L'arrêt donnait au gouvernement une année pour établir une nouvelle loi, un échéancier que voulaient respecter les conservateurs. Le nouveau projet de loi a été adopté le 4 juin, examiné par la Chambre des communes, et le Sénat et a reçu la sanction le 6 novembre.

Selon les propres termes du projet de loi, il était appelé à entrer en vigueur 30 jours après la sanction - ce qui menait au 6 décembre.

Un responsable au bureau du ministre de la Justice Peter MacKay a soutenu que le gouvernement n'avait aucun contrôle sur la date d'entrée en vigueur de la nouvelle loi.

La Cour suprême s'était ralliée aux arguments de Mme Scott et d'autres militants en invalidant les lois sur la prostitution au Canada l'an dernier sur la base qu'elles violaient les droits des travailleuses du sexe à la protection et la sécurité.

Le projet de loi C-36, connu sous le nom de «Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d'exploitation», criminalise l'achat de services sexuels, mais offre l'immunité à ceux ou celles qui vendent ces services - une mesure qui protège les prostituées, selon le gouvernement.

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