Pas question d'annuler les visas pour les Mexicains, dit Harper

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Le président mexicain Enrique Pena Nieto (à gauche) et Stephen Harper.

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le premier ministre Stephen Harper n'apportera pas au Mexique les nouvelles désirées par son homologue mexicain, pas plus qu'il n'en recevra de la part du président américain Barack Obama, alors que le sommet des «Trois Amigos» débutera cette semaine.

Des responsables ont confirmé que M. Harper n'annoncera pas la fin de la controversée imposition de visa de voyage pour les Mexicains - une omission qui fera du déplacement gouvernemental «un désastre aux importantes proportions», affirme un analyste, qui conseille le gouvernement mexicain.

M. Harper peut de son côté s'attendre à ne pas obtenir de concessions sur un important grain de sable dans l'engrenage des relations entre Washington et Ottawa: la décision américaine toujours attendue à propos du projet d'oléoduc Keystone XL, qui doit transporter du pétrole des sables bitumineux albertains vers les raffineries texanes.

Le choix sera fait en temps et lieu, dit-on du côté de la Maison-Blanche.

Au milieu de tout cela, on retrouve le président mexicain Enrique Pena Nieto, qui désire démontrer la prospérité croissante de son pays tout en tentant de relancer la relation trilatérale à l'aide des nouvelles richesses énergétiques des trois nations.

Avant l'arrivée de M. Obama, M. Pena Nieto accueillera M. Harper pour une visite bilatérale séparée à partir de lundi, mais leur tête-à-tête n'entraînera pas la levée de l'obligation, en vigueur depuis 2009, de détenir un visa pour voyager au Canada, afin d'éviter les fausses demandes d'asile.

«Nous n'envisageons pas de lever cette restriction, a confirmé un responsable gouvernemental à La Presse Canadienne. Cela étant dit, nous avons mis en place une série de mesures destinées à faciliter l'entrée au pays des voyageurs légitimes.»

Sergio Alcocer Martinez, le sous-secrétaire du Mexique pour l'Amérique du Nord, a tenté d'ajouter sa propre touche positive sur cette absence de développement, malgré la colère récemment exprimée à ce sujet par l'ambassadeur mexicain au Canada.

«Nous avons travaillé avec le gouvernement canadien et nous continuerons de le faire, a-t-il dit. Nous croyons qu'au cours des trois prochains mois nous réussirons à faciliter les voyages entre nos deux pays et à en augmenter le nombre.»

Si les visas ne sont pas annulés, «ce voyage sera un désastre», puisque cela nuit à la prospérité future de l'Amérique du Nord, estime Carlo Dade, directeur du Centre for Trade and Investment Policy à la Canada West Foundation.

«Ce n'est pas seulement à propos du Canada et du Mexique, c'est à propos de l'Amérique du Nord. Le visa était un recul en ce qui concerne la compétitivité pour l'Amérique du Nord», a-t-il dit lors d'une entrevue.

Selon M. Dade, ce visa vient saper le thème principal des «Trois Amigos», soit le renforcement des liens économiques.

Le Canada a levé une obligation similaire pour la République tchèque après la conclusion d'un accord de libre-échange avec l'Union européenne, souligne M. Dade. D'autres groupes économiques ailleurs dans le monde, y compris l'Alliance du Pacifique, sont des zones sans visas ou des politiques de voyage uniformisées pour permettre la libre-circulation des gens, et il n'y a donc pas de raison pourquoi cela ne pourrait pas être le cas pour l'Amérique du Nord, dit-il.




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