Maria Mourani expulsée du caucus du Bloc québécois

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(Ottawa, Ontario) La députée Maria Mourani est expulsée du caucus Bloc québécois en raison de ses positions sur la Charte des valeurs québécoises.

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Daniel Paillé, chef du Bloc québécois.

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Dans un communiqué de presse, le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, a attribué cette expulsion aux propos tenus par sa députée et au fait qu'elle a refusé de cesser d'agir comme porte-parole d'un groupe de souverainistes dissidents face au projet de Charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois. 

« La Charte des valeurs québécoises, loin de constituer, comme l'affirme Mme Mourani, une démarche électoraliste, une grave erreur stratégique du mouvement souverainiste ou encore, pire, une manifestation de nationalisme ethnique, est, au contraire, une démarche nécessaire et fondamentale pour la nation québécoise », a déclaré M. Paillé. 

« Devant ces positions irréconciliables, j'ai demandé à Mme Mourani de délaisser son rôle de porte-parole auprès du collectif des indépendantistes pour une laïcité inclusive et de mener le débat au sein du caucus, ce qu'elle a malheureusement refusé de faire » a ajouté le leader souverainiste.

Mme Mourani n'a répondu que par un bref communiqué de presse : « Suite aux récents événements, Mme Maria Mourani effectuera une déclaration demain, le 13 septembre. L'heure et l'endroit seront communiqués ultérieurement. Aucune entrevue ne sera accordée avant la déclaration ».

Mercredi, la députée du nord de Montréal a pris position contre le projet annoncé par le Parti québécois, en compagnie d'autres souverainistes réunis sous la bannière des « Indépendantistes pour une laïcité inclusive ». En plus de Mme Mourani, le groupe compte notamment l'ancien chef de cabinet de Gilles Duceppe, François Leblanc, l'ancien directeur général du parti, Patrick Marais, et l'ancien député bloquiste Jean Dorion. 

« Nous sommes pour une laïcité, et inquiets d'une instrumentalisation qui la dépouille de son vrai sens et aura pour résultat de stigmatiser et d'exclure certaines communautés et surtout certaines femmes », ont-ils écrit dans leur lettre ouverte. 

« Nous comprenons la préoccupation identitaire québécoise, tout en nous inquiétant du repli qu'elle alimente et de son exploitation électorale à courte vue », ont-ils ajouté. Selon eux, la Charte éloignera les communautés culturelles du mouvement souverainiste.

Le Bloc québécois, de son côté, dit appuyer le principe de la Charte des valeurs, même s'il ne va pas jusqu'à approuver une interdiction des signes religieux ostentatoires pour tous les employés de l'État. Mardi, le chef Daniel Paillé a dit avoir besoin d'y réfléchir davantage. 

Le désaccord au sein des troupes souverainistes au sujet de la concrétisation du principe de la laïcité de l'État ne date pas d'hier. Les positions du Parti québécois et du Bloc diffèrent depuis au moins 2007, lorsque les troupes de Gilles Duceppe ont présenté un mémoire à la commission Bouchard-Taylor prônant une interdiction du port de symboles religieux pour les fonctionnaires en position d'autorité, et non pas pour l'ensemble des fonctionnaires. 

D'origine libanaise, Maria Mourani se décrit comme une catholique croyante. Elle porte d'ailleurs une croix au cou. Elle fait partie des rares bloquistes à avoir été réélue aux dernières élections fédérales. Criminologue de formation, elle représente  la circonscription d'Ahuntsic depuis 2006.

Mme Mourani s'était présentée contre Daniel Paillé lors de la course à la direction du parti, dans la foulée de sa défaite électorale  en 2011. Selon les données d'Élections Canada, elle avait récolté quelques dizaines de dollars de plus en dons que son rival, soit 23 200 $. Plusieurs de ces dons provenaient de représentants des minorités culturelles. 

En expulsant ainsi Mme Mourani, le Bloc perd la seule femme de son caucus, sa seule représentante de Montréal et tombe à seulement quatre députés. Daniel Paillé n'a toujours pas de siège à la Chambre des communes. 

-Avec Martin Croteau

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