Les visites inopinées chez les chômeurs doivent cesser, affirme le syndicat

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa, Ontario

Craignant pour la sécurité des fonctionnaires qui se livrent à des visites-surprises au domicile des chômeurs, le syndicat qui les représente demande au gouvernement conservateur de faire cesser cette pratique immédiatement.

«On est en train d'envoyer des employés dans des situations qui sont très dangereuses», a signalé en entrevue le porte-parole de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), Larry Rousseau.

La Presse Canadienne a révélé mercredi qu'une cinquantaine de fonctionnaires fédéraux frappent aux portes de bénéficiaires de l'assurance-emploi, dans le cadre d'un «examen sur l'intégrité du régime».

Ces représentants de Service Canada effectueront d'ici mars des visites impromptues auprès de 1200 prestataires au total, sélectionnés de façon aléatoire à travers le pays. Ils doivent remettre en mains propres une convocation à une entrevue.

Cette initiative survient dans un climat déjà tendu, alors que la colère à l'égard de la réforme du programme d'assurance-emploi demeure vive.

«On a eu des échos de (fonctionnaires) qui sont allés aux domiciles (...) et qui ont été bien mal reçus», a soutenu M. Rousseau.

«Qu'est-ce que ça va prendre comme incident malencontreux ou malheureux (pour que les visites cessent)? Pourquoi doit-on voir jusqu'où les gens sont à bout de patience?»

Le syndicat avait déjà tiré la sonnette d'alarme auprès du gouvernement la semaine dernière, avant que la pratique soit médiatisée. Il demande désormais que ces visites cessent complètement, du moins jusqu'à ce que la poussière soit retombée.

Fraudes

Un peu plus tôt jeudi, le premier ministre Stephen Harper a défendu les visites surprises de fonctionnaires fédéraux en évoquant l'ampleur des fraudes au pays.

«Chaque année, malheureusement, dans notre système d'assurance-emploi, des centaines de millions de dollars sont identifiés ou perdus avec des requêtes fausses, frauduleuses ou inappropriées», a-t-il noté en conférence de presse à Saskatoon.

Selon lui, il faut d'abord s'assurer que les fonds soient disponibles pour ceux qui en ont besoin.

«L'une des tâches de Ressources humaines et Développement des compétences Canada est de s'assurer que les fonds du système d'assurance-emploi sont là pour les gens qui ont perdu leur emploi, qui se qualifient et qui ont besoin de cette aide», a-t-il ajouté.

Selon les règles désormais en vigueur, un chômeur «fréquent» doit accepter tout emploi pour lequel il a les qualifications, dans un rayon d'une heure de trajet de chez lui, même si le salaire équivaut à 70 pour cent de son salaire antérieur. Il doit également prouver qu'il est en recherche active d'emploi.

Les détracteurs de la réforme prétendent que cela touche de plein fouet les travailleurs saisonniers du Québec et des provinces atlantiques. De nombreuses manifestations sont prévues encore samedi pour dénoncer la refonte du programme.

La Presse Canadienne devait obtenir jeudi une entrevue sur le sujet auprès de la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, mais elle a été annulée à la dernière minute en raison d'un conflit d'horaire de la ministre, a-t-on fait valoir.

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