Un député conservateur veut faire condamner l'avortement sélectif

Mark Warawa a reçu une accolade de sa... (Photo: PC)

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Mark Warawa a reçu une accolade de sa collègue, la députée Stella Ambler, lors d'une conférence de presse à Ottawa.

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(Ottawa) Les partis de l'opposition ont accusé un député conservateur de lancer un nouvel assaut contre le droit à l'avortement, mercredi, après qu'il eut lancé une campagne pour promouvoir une motion qui vise à condamner l'avortement sélectif, qui vise à empêcher la naissance d'une fille.

Le député de la Colombie-Britannique Mark Warawa, avec une dizaine de collègues conservateurs, a dénoncé cette pratique comme une forme de discrimination à l'égard des femmes.

Il a lancé un «appel national à l'action», demandant à tous les Canadiens d'appuyer la motion qu'il a présentée au Parlement en septembre.

«C'est très simple: ou bien on condamne cette pratique, ou bien on l'approuve», a affirmé M. Warawa lors d'une conférence de presse.

Le député ignore à quel point cette pratique est répandue au Canada. Une étude publiée en avril par le Canadian Medical Association Journal a conclu que les Canadiennes qui sont nées en Inde et en Corée du Sud accouchent plus souvent de garçons que les autres. Ce constat suggère que l'avortement sélectif pourrait être pratiqué.

La motion du député Warawa ne mentionne pas explicitement le mot «avortement» et n'appelle à aucun changement législatif. Le député affirme qu'il s'agit d'une «première étape» vers l'élimination de la pratique.

Il a toutefois esquivé les nombreuses questions sur la manière dont il souhaite atteindre cet objectif, refusant de préciser s'il souhaite que la Chambre des communes adopte une loi pour rendre la pratique illégale.

M. Warawa a présenté sa motion à la Chambre des communes le 27 septembre, le jour même où les parlementaires ont battu la motion M-312, parrainée par son collègue Stephen Woodworth, qui demandait au Parlement de former un comité pour déterminer si le foetus doit être considéré comme un être humain.

La motion de M. Woodworth a été battue par 209 députés contre 91. La majorité des députés conservateurs l'ont appuyée, dont la ministre de la Condition féminine, Rona Ambrose.

Le premier ministre, Stephen Harper, s'est toujours opposé à la réouverture du débat sur l'avortement, même si plusieurs de ses députés s'opposent à cette pratique. Il avait voté contre la motion de M. Woodworth, et il compte s'opposer à celle de M. Warawa.

«Le gouvernement s'oppose à ce qu'on rouvre ce débat, a affirmé le porte-parole de M. Harper, Carl Vallée. Le Parlement a déjà voté sur cette question.»

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, entend lui aussi voter contre la motion.

«Chaque fois que les conservateurs se font battre sur une tentative de rouvrir le débat sur l'avortement, ils sont très créatifs et ils en inventent une autre», a dénoncé M. Muclair.

Le chef libéral, Bob Rae, a abondé dans le même sens. Selon lui, l'avortement est une décision privée qu'une femme prend en compagnie de son médecin, la Chambre des communes n'a pas à s'ingérer dans cette discussion.

«Des membres du caucus conservateur vont continuer à essayer d'avoir un débat sur la question de l'avortement», a-t-il déploré.

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