Le premier ministre Stephen Harper a qualifié, jeudi, l'escalade de la tension entre l'Iran et les puissances occidentales de grande menace à la paix mondiale.

M. Harper a tenu ces propos à l'occasion d'une entrevue radiophonique diffusée jeudi en Alberta, au moment où les tensions ne cessent de croître dans le golfe Persique.

Le chef conservateur a souligné que les auditeurs ne devraient pas se faire d'illusions et que l'Iran était une menace «très sérieuse» à la paix internationale et à la sécurité.

Il a ajouté qu'il ne doutait pas un seul instant que Téhéran ait pour objectif d'obtenir l'arme nucléaire et se préparait à en faire usage.

L'analyse du premier ministre à propos des intentions de l'Iran serait toutefois trop poussée selon le directeur des affaires internationales de l'École Norman Paterson à l'Université Carleton d'Ottawa, Fen Hampson. Le professeur a souligné que si Téhéran semblait tenter d'obtenir l'armement nucléaire, le pays n'avait pas encore franchi le point de non-retour.

L'Iran clame que son programme nucléaire n'a que des intentions pacifiques, et n'a jamais reconnu tenter de construire l'arme nucléaire. La communauté internationale, dont le Canada, estime toutefois que son but est de parvenir à la création d'une bombe nucléaire.

Téhéran a menacé de fermer le détroit d'Ormuz, un important passage des pétroliers, comme représailles possible face aux nouvelles sanctions économiques, annoncées pour tenter de mettre fin aux ambitions nucléaires de ce pays du Proche-Orient.

«À mon avis, l'Iran est la menace la plus sérieuse à l'échelle internationale pour ce qui est de la paix et la sécurité mondiale», a affirmé M. Harper lors de son passage sur le plateau de l'émission Rutherford Show, une émission radiophonique très écoutée en Alberta.

«Il s'agit d'un régime qui veut acquérir l'arme nucléaire et qui a démontré une certaine envie de carrément utiliser l'armement nucléaire», a ajouté le premier ministre.

Le chef conservateur a aussi plaidé que la possible fermeture du détroit d'Ormuz n'était qu'une preuve supplémentaire démontrant le «sérieux de la menace» représentée par l'Iran.

M. Hampson a de son côté reconnu qu'il s'agissait là d'une problématique sérieuse.

«L'Iran a fait des tests de tirs de missiles, et les États-Unis ont déployé à nouveau leurs navires de guerre pour envoyer un message puissant à Téhéran», a-t-il indiqué.