James Moore à la défense de Radio-Canada

Le ministre du patrimoine, James Moore.... (Photo: Adrian Wyld, PC)

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Le ministre du patrimoine, James Moore.

Photo: Adrian Wyld, PC

(Ottawa) Le ministre du Patrimoine, James Moore, a fait l'objet de vives pressions de la part de plusieurs députés conservateurs durant la dernière session parlementaire pour qu'il sabre 20% du budget annuel de Radio-Canada, soit environ 220 millions de dollars.

À maintes reprises au cours des derniers mois, M. Moore s'est fait aborder par l'un de ses collègues, en privé ou durant les réunions hebdomadaires du caucus conservateur, pour qu'il donne un sérieux coup de hache dans le budget de la société d'État, qui frise 1,2 milliard de dollars.

Mais le ministre Moore a riposté à ces pressions en affirmant que Radio-Canada/CBC est une institution essentielle pour l'unité du pays et que la société d'État n'aura pas à subir de compressions plus importantes que les autres organismes ou ministères, a appris La Presse de sources sûres.

Les pressions ont été énormes sur James Moore tout l'automne pour qu'il charcute le budget de Radio-Canada. C'est très populaire de frapper sur Radio-Canada pour certains députés. Mais le ministre a été très ferme chaque fois. Radio-Canada fournira sa part, comme tout le monde, sans plus», a confirmé une source conservatrice bien au fait des échanges au caucus.

Dans son prochain budget, le ministre des Finances, Jim Flaherty, imposera des compressions de 10% à l'ensemble de l'appareil gouvernemental dans l'espoir de trouver des économies de 8 milliards de dollars par année d'ici à 2014-2015. Ces économies sont essentielles pour que le gouvernement parvienne à éliminer le déficit d'ici à 2015-2016. Le grand argentier du pays s'attend à ce que le déficit atteigne les 30 milliards en 2011-2012.

Avec de telles compressions, la Société Radio-Canada verra donc son budget annuel amputé de 110 millions d'ici trois ans. Mais selon nos informations, le couperet aurait pu être plus important si le ministre Moore avait cédé aux pressions de ses collègues conservateurs.

Pétitions aux Communes

Durant l'automne, d'ailleurs, plusieurs députés conservateurs ont déposé des pétitions aux Communes demandant la fin de la subvention à Radio-Canada. «Des Canadiens de la Colombie-Britannique, de l'Alberta, de la Saskatchewan et de l'Ontario veulent tous mettre fin à la subvention de 1,16 milliard accordée à CBC/Radio-Canada à même l'argent des contribuables», a lancé le député albertain Rob Anders, le 31 octobre, en déposant sa pétition.

Des députés conservateurs ont aussi convoqué les hauts dirigeants de Radio-Canada devant un comité parlementaire pour les réprimander publiquement parce que la société d'État tarde à répondre à certaines demandes de médias formulées en vertu de la Loi sur l'accès à l'information relativement à ses dépenses.

Le Parti libéral a riposté à ces charges en lançant une pétition en ligne pour défendre Radio-Canada.

Dans une entrevue accordée à La Presse, le ministre Moore a soutenu que le pays ne serait pas le même sans une institution comme Radio-Canada qui permet aux Canadiens de communiquer entre eux.

Chaque pays du G7 a un diffuseur public. Le Canada est au deuxième rang des plus grands pays du monde. Mais nous arrivons au 36e rang des pays les plus peuplés. Ce qui nous garde unis, ce qui permet à notre société de s'épanouir davantage, c'est Radio-Canada», a dit M.Moore, reconnu comme un ministre francophile au sein du gouvernement Harper.

Les régions sont importantes dans notre pays et on ne pourrait pas communiquer entre nous sans un diffuseur public. Le secteur privé ne pourrait pas faire cela. La chose la plus importante pour n'importe quel gouvernement ou n'importe quel premier ministre, c'est de laisser un pays plus uni à son successeur. Radio-Canada a un rôle important à jouer à cet égard», a dit M. Moore, originaire de la Colombie-Britannique.

Dans un témoignage devant le comité du patrimoine de la Chambre des communes, au début du mois de décembre, M. Moore avait été tout aussi catégorique. «Sans Radio-Canada, il n'y a pas de radio francophone en Colombie-Britannique. J'ai quatre nièces qui sont toutes en immersion française. Ma soeur enseigne le français en Colombie-Britannique. Comment peut-on mettre du français dans les salles de classe de façon à permettre aux enfants d'être quotidiennement en contact avec le français? Par le truchement de Radio-Canada. Cet élément est essentiel», a-t-il affirmé.

Féru de technologie, M. Moore écoute lui-même la programmation de la SRC lorsqu'il se trouve dans les provinces de l'Ouest grâce à une application de la société d'État qu'il a téléchargée sur son iPhone.

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