Pont Champlain: guerre de mots entre Québec et Ottawa

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Le lieutenant de Stephen Harper, Denis Lebel, estime que Québec veut politiser le dossier du nouveau pont Champlain.

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(Ottawa) Le dialogue de sourds s'est poursuivi entre Québec et Ottawa au sujet du pont Champlain, hier. Le ministre québécois des Transports a dénoncé le refus du fédéral de créer un «bureau conjoint» pour planifier le superchantier, tandis que son vis-à-vis fédéral a accusé le gouvernement péquiste de politiser le dossier.

Le gouvernement conservateur a confirmé à La Presse jeudi qu'il refuse de mettre sur pied un organisme commun avec le provincial pour administrer la construction du nouveau pont, comme le demandait le gouvernement péquiste.

Le lieutenant de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel, a maintenu hier qu'un tel organisme n'est pas nécessaire.

«Nos techniciens, les gens des différents ministères travaillent très bien ensemble, a dit M. Lebel. Ce que Mme Marois veut, c'est une table politique. Nous, on est dans les éléments de science et de technique.»

Ottawa a justifié sa décision en faisant valoir qu'il finance seul ce superchantier de 3 à 5 milliards. Cette explication a fait bondir le ministre québécois des Transports, Sylvain Gaudreault.

«C'est complètement faux», a-t-il tranché en entrevue hier.

Il souligne que c'est la province qui devra bâtir le système léger sur rail (SLR) et raccorder le futur pont aux réseaux routiers de Montréal et de la Rive-Sud. Il dit ne pas être en mesure d'évaluer les coûts de ces chantiers, mais on parle de plusieurs millions de dollars au bas mot.

«On n'arrive pas avec un pont qui est tenu par une grue qu'on dépose sur le fleuve, illustre M. Gaudreault. Il faut construire des approches, il va falloir l'accrocher à l'autoroute 10, il va falloir prévoir une sortie sur l'autoroute 132. De l'autre côté, il va falloir penser à son arrimage aux échangeurs La Vérendrye et Turcot.»

Les explications d'Ottawa contredisent d'ailleurs sa position sur le SLR, estime M. Gaudreault. M. Lebel a en effet toujours maintenu qu'Ottawa n'a pas à créer un budget spécial pour cette infrastructure au motif qu'elle est de compétence provinciale.

«Ils ne peuvent pas dire que le Québec ne met pas un sou, ironise M. Gaudreault. Si c'est ce qu'ils disent, ça veut dire que c'est un aveu qu'ils vont payer le SLR.»

Des dizaines de rencontres, dit le ministre Lebel

Dans une lettre envoyée à M. Harper début décembre dont La Presse a révélé le contenu hier, Pauline Marois prévient que le gouvernement fédéral ne fournit pas suffisamment d'information sur le projet à Québec. La situation fait en sorte que le chantier, qui doit débuter en 2015, présente «un risque élevé de dysfonctionnement», selon la première ministre.

En entrevue, Denis Lebel s'est défendu de travailler en vas clos. À ses yeux, c'est plutôt le gouvernement Marois qui cherche à créer un affrontement à des fins politiques.

«Nous travaillons très bien [ensemble] sur tous les éléments techniques du dossier, a indiqué M. Lebel. Au niveau politique, il y a un gouvernement qui veut sortir le Québec du Canada et qui veut mener une gouvernance souverainiste.»

Dès l'annonce du projet en octobre 2011, dit M. Lebel, le fédéral a créé un comité-conseil rassemblant Transports Canada, le ministère des Transports du Québec et les villes touchées par le chantier. Depuis, dit-il, il y a eu 60 rencontres avec les autorités provinciales, 50 avec les municipalités et 60 autres avec des groupes d'intérêts comme les chambres de commerce.




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