Louise Laurin (1935-2013): une vie consacrée aux jeunes

Louise Laurin, grande militante pour la laïcité scolaire,... (Photo fournie par Miguel Laurin)

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Louise Laurin, grande militante pour la laïcité scolaire, l'intégration des personnes immigrantes et l'indépendance.

Photo fournie par Miguel Laurin

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Marielle Rougerie, collaboration spéciale
La Presse

Enseignante, militante indépendantiste engagée dans les mouvements pour l'intégration des immigrants et la déconfessionnalisation du système scolaire, Louise Laurin s'est éteinte le 7 janvier, à Montréal, à l'âge de 77 ans.

Née en 1935 à Montréal, Louise Laurin s'engage tôt dans le militantisme nationaliste et devient la première femme présidente de l'Association de la jeunesse canadienne-française en 1960, tout en poursuivant une carrière en éducation.

Elle enseigne l'histoire et le français pendant 13 ans au primaire et au secondaire avant d'occuper pendant plus de 20 ans des postes de directrice d'écoles puis de commissaire indépendante à la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM), maintenant la CSDM.

«Elle était passionnée et entièrement dévouée. Elle considérait ses élèves comme ses propres enfants», raconte son fils Miguel.

Travaillant principalement dans des quartiers défavorisés et multiethniques de Montréal, Louise Laurin développe des programmes favorisant l'intégration des enfants immigrants ainsi que des programmes de francisation. Elle met également sur pied le premier service de garde scolaire à la CECM.

Son combat pour le retour des enfants turcs

En 1988, Louise Laurin se fait connaître du public en menant une campagne pour le retour au Québec d'une de ses élèves turques et de sa famille. Gülizar Esroy, une fillette de 9 ans qui fréquente l'école que dirige Louise Laurin, était arrivée avec ses parents et ses frères illégalement à Montréal deux ans plus tôt. Leur demande d'asile ayant été rejetée, ils ont été extradés vers leur pays d'origine.

L'histoire de Gülizar, devenue symbole des réfugiés, a touché de nombreux Québécois qui ont contribué financièrement aux démarches d'immigration et à l'achat des billets d'avion. La famille rentrera finalement au Québec l'année suivante.

«Elle est restée très proche de Gülizar qui la considère comme une seconde grand-mère. Elle a toujours gardé des liens étroits avec la communauté turque québécoise. Depuis une dizaine d'années, elle organisait tous les ans des séjours culturels en Turquie», poursuit son fils.

La déconfessionnalisation du système scolaire

Pendant toute sa vie, Louise Laurin s'est battue en faveur de la laïcité scolaire.

«Pour elle, le système confessionnel ne favorise pas l'intégration des immigrants. Elle était d'une incroyable détermination et une grande rassembleuse. Elle a réussi à rallier les grands groupes syndicaux, indépendantistes ou encore féministes à son combat pour la laïcité scolaire», raconte Nicole Boudreau, ancienne présidente de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et amie de Mme Laurin.

En 1993, Louise Laurin fonde la Coalition pour la déconfessionnalisation du système scolaire qui regroupe une quarantaine d'organismes et représente près de 2 millions de membres. En 1996, le Mouvement laïque québécois lui décerne le prix Condorcet pour sa contribution à la défense de la laïcité.

Son combat est finalement couronné de succès lorsque la Constitution canadienne est amendée, en 1997. La modification permet au Québec de remplacer les commissions scolaires confessionnelles par de nouvelles commissions linguistiques. Plus tard, en 2005, l'adoption d'une loi mettant fin aux cours de religion au Québec constituera aussi une victoire pour elle.

Une séparatiste convaincue

Candidate malheureuse pour le Parti québécois dans la circonscription d'Anjou en 1989, elle devient vice-présidente de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal en 1992, puis la première femme présidente du Mouvement national des Québécoises et Québécois, de 1994 à 1996. L'organisme parapluie regroupe une quinzaine de Sociétés nationales et Saint-Jean-Baptiste.

Elle est nommée patriote de l'année 2005-2006 par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal qui souligne son engagement dans les campagnes référendaires, mais aussi pour une citoyenneté québécoise ouverte et inclusive et pour la défense de la langue française comme élément unificateur.

Restée active dans la vie politique et militante jusqu'à récemment, elle a été membre du Conseil supérieur de la langue française de 2002 à 2007.

Elle laisse dans le deuil son fils Miguel Laurin et sa petite-fille Solène.

Un hommage lui a été rendu vendredi au Complexe funéraire Saint-Denis.

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