La Presse à Mani-Utenam: «Enfin, on va entendre la voix du Québec»

Originaire de Mani-Utenam, Michèle Audette est l'une des... (PHOTO JULIEN CHOQUETTE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Originaire de Mani-Utenam, Michèle Audette est l'une des commissaires de l'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées qui tient cinq jours d'audiences dans la communauté innue près de Sept-Îles.

PHOTO JULIEN CHOQUETTE, COLLABORATION SPÉCIALE

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(MANI-UTENAM, SEPT-ÎLES) L'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées s'ouvre ce matin dans la communauté innue de Mani-Utenam, à une dizaine de kilomètres à l'est de Sept-Îles. Cinq jours d'audiences sont à l'agenda pour ce premier arrêt sur le sol québécois, en plein coeur du territoire nordique où la commissaire Michèle Audette a grandi.

« C'est chez nous », a lancé avec fébrilité Michèle Audette lors d'une cérémonie traditionnelle organisée hier soir à la salle communautaire de Mani-Utenam. Les quatre commissaires se sont déplacés sur la Côte-Nord pour entendre une soixantaine de membres de différentes familles. Une quinzaine de cas touchant tous la région, à l'exception d'un, doivent être examinés.

« Je m'attends à une guérison individuelle et collective. Je veux que les gens, quand ils viennent devant nous, qu'ils se sentent bien », a expliqué la commissaire en entrevue à La Presse.  « Enfin, on va entendre la voix du Québec, des nations qui parlent français comme seconde langue. »

«On a fait un rapport préliminaire et analysé 98 rapports, et peu impliquaient les questions du Québec.»

Michèle Audette

COURTE CÉRÉMONIE

Plusieurs dizaines de membres de la communauté de quelque 3500 âmes (incluant la portion Uashat, enclavée dans Sept-Îles) s'étaient réunis sur le coup de 17 h pour la courte cérémonie qui a précédé un repas communautaire. Un aîné a frappé sur son tambour avant que tous se réunissent au centre de la salle pour danser le makusham au rythme des battements.

L'ambiance était à la fête. Mais à compter d'aujourd'hui, des familles autochtones retourneront dans leur passé et rouvriront certaines blessures pour raconter leur triste histoire. Une équipe de soutien psychosocial et des psychologues passeront aussi la semaine sur place pour encadrer ceux et celles qui prendront la parole ainsi que leurs proches.

« On a une opportunité au Canada, poussée et animée par des autochtones, d'amener sur la place publique nos vérités et nos solutions, d'amener sur la place publique le long silence qu'on nous a imposé. [...] Notre rapport va vous appartenir, commencez à le rendre vivant par votre vérité, par votre volonté de ce changement », a soutenu Mme Audette devant les siens.

UNE QUARANTAINE DE TÉMOIGNAGES

Il est prévu que 25 témoignages soient recueillis publiquement et qu'une quinzaine d'autres le soient à huis clos. Plusieurs Innus ont néanmoins manifesté leur intérêt de participer aux audiences. L'agenda promet donc d'être flexible. D'ailleurs, toute personne qui souhaite s'adresser à la commission pourra se présenter durant la semaine et sera rencontrée par l'équipe.

Lancée en 2016 par le gouvernement Trudeau, l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones assassinées et disparues doit faire la lumière sur les causes systémiques expliquant une si grande violence envers les femmes issues des Premières Nations. Selon un rapport de la Gendarmerie royale du Canada, 1181 femmes autochtones ont été tuées ou sont disparues entre 1980 et 2012.

Pour cette même période, les femmes des Premières Nations comptaient pour 16 % des cas d'homicides de femmes et pour 11,3 % des cas de disparitions, alors qu'elles ne représentent que 4 % des Canadiennes.




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