Femmes autochtones: la commissaire en chef dénonce une bureaucratie étouffante

La commissaire en chef de l'Enquête nationale sur... (Photo Darryl Dyck, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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La commissaire en chef de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, Marion Buller

Photo Darryl Dyck, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

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Mia Rabson
La Presse Canadienne
OTTAWA

La commissaire en chef de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées signale que la bureaucratie gouvernementale asphyxie son travail.

Marion Buller a tenu ces propos devant le comité sénatorial des peuples autochtones, mercredi soir, à Ottawa.

Lorsqu'on lui a demandé si l'Enquête recevait tout le soutien nécessaire pour accomplir sa mission, Mme Buller a déclaré que le fait qu'on s'attende à ce qu'elle respecte les mêmes politiques et procédures que les ministères est frustrant et gaspille du temps dont elle ne dispose pas.

Il reste 15 mois au mandat de 28 mois de l'Enquête, qui a été aux prises avec des délais et des problèmes de communication cet été - ce qui a poussé les leaders autochtones et les proches de victimes à réclamer la démission des commissaires et le recommencement de la totalité du processus.

Mme Buller a écarté cette possibilité, mais a dit préparer une demande formelle pour plus de temps et d'argent afin que les commissaires réalisent le meilleur travail possible, et non le meilleur travail possible dans les circonstances.

L'Enquête n'a jusqu'à présent tenu qu'une seule audience avec des proches de victimes, mais neuf autres sont prévues à automne, dès la semaine prochaine à Smithers, en Colombie-Britannique.

Un rapport provisoire est attendu d'ici le 1er novembre, et le rapport final devra être déposé au plus tard le 31 décembre 2018.

Mercredi, la commissaire en chef n'a pas précisé la durée de la prolongation qu'elle compte réclamer, mais elle a détaillé pour la première fois les accrocs qui ont suscité bon nombre plaintes.

«Pour être très franche et très honnête, je pense que parce que nous sommes tenus de respecter des politiques et procédures gouvernementales en matière de dépenses, de technologies de l'information, de gestion de l'information, de ressources humaines, nous sommes contraints», a-t-elle exposé.

«Je suppose que les politiques et les procédures marchent très bien dans un gouvernement qui opère sur une base quotidienne ou annuelle, mais ces mêmes politiques et procédures ne marchent pas bien dans le cadre où nous nous trouvons, où nous avons une période limitée pour réaliser notre travail.»

Elle a illustré qu'un processus d'embauche de quatre à six mois peut convenir au sein d'un bureau de ministre, mais il s'agit de 20 pour cent «de la durée de vie totale» de l'Enquête.

Pendant qu'ils tentaient d'embaucher des conseillers en santé et des experts en traumatismes ou simplement d'installer les réseaux informatiques dans les bureaux, «simultanément, les parties intéressées attendaient un engagement et une attention urgente envers les enjeux qui les préoccupaient si profondément», s'est-elle désolée.

La commissaire en chef a précisé que les rouages de l'Enquête étaient désormais bien huilés et que le rapport provisoire serait prêt d'ici quelques semaines.

Celui-ci comprendra un aperçu des recherches conduites par les commissaires sur la documentation existante à propos de la violence contre les femmes autochtones au pays.

La commission a également commencé à interpeller les services de police pour des échantillons de dossiers qui seront examinés par une équipe de spécialistes médico-légaux afin de déterminer si les enquêtes sur ces cas sont réalisées adéquatement. Jusqu'à présent, les corps de police d'un peu partout au pays ont accepté de coopérer, a souligné Mme Buller.




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