Le Canada devrait adhérer au bouclier antimissile estime Roméo Dallaire

Selon Roméo Dallaire, faire adhérer le Canada au... (Photo Adrian Wyld, La Presse canadienne)

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Selon Roméo Dallaire, faire adhérer le Canada au «bouclier antimissile» permettrait de dissuader la Corée du Nord, ou tout autre pays, de prendre le Canada comme cible de rechange.

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Lee Berthiaume
La Presse Canadienne
Ottawa

Le général à la retraite Roméo Dallaire croit que le Canada devrait adhérer au système continental de défense contre les missiles balistiques, conçu par l'armée américaine.

En entrevue avec La Presse canadienne, l'ancien sénateur a estimé jeudi que la menace nord-coréenne devrait pousser le gouvernement canadien à reconsidérer sa décision de ne pas participer au controversé «bouclier antimissile».

«Nous ne pouvons actuellement pas nous placer la main sur coeur et nous dire que (ce système) nous protégera si quelque chose arrive», a-t-il déclaré.

La Corée du Nord a procédé à un deuxième essai de tir de missile balistique intercontinental en août, et certains se demandent si le Canada ne devrait pas reconsidérer sa décision de 2005. M. Dallaire, qui avait été nommé au Sénat par le premier ministre libéral Paul Martin cette année-là, soutient de plus que la technologie a bien changé depuis.

Par ailleurs, la participation canadienne obligerait les États-Unis à abattre tout missile qui se dirigerait vers le Canada - ce qui n'est pas le cas présentement, rappelle M. Dallaire.

Le premier ministre Justin Trudeau a semblé fermer la porte, cette semaine, à une éventuelle adhésion du Canada au programme américain.

Le général à la retraite Dallaire croit cependant que la question reviendra à l'ordre du jour lorsque le Canada et les États-Unis discuteront de la modernisation du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (Norad).

«C'est au cours de ce genre d'exercice que la question des missiles balistiques peut revenir sur le tapis, a-t-il dit. Le Norad, version améliorée et modernisée, peut surveiller les menaces, et ensuite, obtenir des capacités opérationnelles pour y réagir. Tout peut s'intégrer.»

Par ailleurs, face à la menace nord-coréenne, l'administration de Donald Trump cherche actuellement des moyens de renforcer sa défense antimissile, ce qui pourrait aussi ouvrir la porte à une participation canadienne.

À l'heure actuelle, le Canada ne serait pas pris par surprise si une attaque survenait, puisque les militaires canadiens et américains surveillent l'espace aérien nord-américain dans le cadre du Norad. Toutefois, la décision d'éliminer cette menace ne serait du ressort que des États-Unis, lesquels, a souligné M. Dallaire, n'ont aucune obligation de défendre le Canada si un missile était tiré dans sa direction.

Faire adhérer le Canada au «bouclier antimissile» créerait non seulement cette obligation, affirme l'ancien militaire, mais permettrait aussi de dissuader la Corée du Nord, ou tout autre pays, de prendre le Canada comme cible de rechange.

«Avoir l'impression que (les États-Unis) réagiront est tout à fait différent que d'en avoir la certitude sur papier, a-t-il soutenu. On doit pouvoir être sûrs de compter sur leur riposte si le Canada est attaqué.»




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