Cannabis: les provinces disent manquer d'informations

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En avril, l'Association des psychiatres du Canada (APC) a recommandé de fixer à 21 ans l'âge légal minimal pour la consommation de cannabis, plutôt que 18 ans, comme c'est le cas pour l'alcool.

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Caroline Plante
La Presse Canadienne
EDMONTON

Les provinces ne savent toujours pas comment mettre en oeuvre le projet fédéral de légaliser le cannabis parce qu'elles manquent d'informations, a dit Rachel Notley, première ministre de l'Alberta, en clôture du Conseil de la fédération, mercredi.

L'événement de deux jours, qui se tenait au centre-ville d'Edmonton, a permis aux premiers ministres des provinces et territoires de partager leurs inquiétudes, entre autres en ce qui a trait à la santé mentale des jeunes et à la sécurité routière.

Ils ont décidé de former un groupe de travail provincial-territorial sur la légalisation du cannabis, qui devra remettre un rapport au plus tard le 1er novembre 2017.

Ce groupe établira les préoccupations communes et les pratiques exemplaires en matière de légalisation et réglementation du cannabis.

Pendant ce temps, les provinces exigent que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, éclaircisse au moins cinq questions, s'il veut qu'elles soient prêtes à temps pour l'entrée en vigueur de son projet de loi, prévue pour le 1er juillet 2018:

- sécurité routière et mécanismes visant l'application du Code de la sécurité routière;

- préparation et formation reliées aux réseaux de distribution;

- régimes de taxation et prise en compte des coûts;

- campagnes de sensibilisation du public;

- approvisionnement, demande et questions entourant le marché illicite.

Si les provinces n'obtiennent pas les réponses à leurs questions, elles demanderont le report de la date d'entrée en vigueur de la légalisation, a affirmé Mme Notley, lors du point de presse conjoint des premiers ministres.

De passage à Québec mercredi, le premier ministre Trudeau a assuré vouloir travailler avec les provinces. Il en a profité pour justifier son projet de loi.

«La légalisation et le contrôle de la marijuana sont en train d'être faits parce que le système actuel fait mal aux Canadiens, a-t-il dit. Les jeunes, sous le système actuel, ont trop facilement accès à la marijuana. Et le crime organisé, les gangs de rue, font des millions de dollars de profits par le vente de cette drogue. Nous savons que si nous mettons en place un cadre réglementaire pour la marijuana, nous allons pouvoir protéger nos jeunes, nous allons pouvoir éliminer les profits pour le crime organisé.»

En avril, l'Association des psychiatres du Canada (APC) a recommandé de fixer à 21 ans l'âge légal minimal pour la consommation de cannabis, plutôt que 18 ans, comme c'est le cas pour l'alcool.

Le cannabis, qui altère le développement normal du cerveau des jeunes, serait un déclencheur de maladies psychotiques latentes.

Elle a aussi demandé que des restrictions soient établies sur les quantités et la teneur en THC permises jusqu'à l'âge de 25 ans.

Le THC, ou tétrahydrocannabinol, est l'ingrédient qui provoque les effets recherchés par les consommateurs de cannabis.

Le chef du gouvernement québécois, Philippe Couillard, compte toujours présenter un projet de loi cet automne à l'Assemblée nationale, sur la mise en application de la légalisation de la marijuana, pour éviter qu'il y ait un vide juridique au Québec l'été prochain.

Par ailleurs, les premiers ministres ont fait le point sur la crise des opioïdes qui secoue le pays. L'Agence de la santé publique du Canada avait révélé en juin qu'au moins 2458 personnes seraient mortes de surdoses liées aux opioïdes en 2016 au Canada - soit près de sept décès par jour en moyenne.

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a affirmé qu'il s'agissait de morts «évitables».

Si l'on se fie à ces données, le taux de mortalité apparemment liée à la consommation d'opioïdes atteindrait 8,8 par 100 000 habitants, surtout dans l'ouest du pays. Ces taux sont effectivement plus élevés en Colombie-Britannique et au Yukon, mais aussi en Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest.

Les données pour le Québec n'étaient pas disponibles pour compléter le tableau national, a indiqué l'agence fédérale.

«Nous espérons éventuellement être en mesure d'avoir tous les détails, mais les systèmes pour la collecte de données sont différents», avait souligné Mme Philpott, en juin.

Mercredi, à Edmonton, M. Couillard a affirmé que son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, se penchait actuellement sur le nombre élevé de prescriptions d'opioïdes. «Je pense qu'au fil des années, il y a une sorte de banalisation de l'utilisation d'opioïdes dans (le traitement de) la douleur chronique. C'est une des raisons pour lesquelles cette situation s'est présentée», a-t-il dit.

Un comité consultatif spécial sur l'épidémie de surdoses d'opioïdes a été créé en décembre 2016. Ce comité fédéral-provincial-territorial est présidé par l'administratrice en chef de la santé publique par intérim du Canada, la docteure Theresa Tam, et par le médecin-hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, Robert Strang.

Grâce à la création d'un outil de déclaration commun, le comité diffusera dorénavant tous les trimestres des données sur les décès attribuables aux opioïdes.

Santé Canada rappelle que les opioïdes ont un effet sur la partie du cerveau qui contrôle la respiration, de sorte qu'une surdose peut causer une perte de conscience et même la mort.




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