Distribution d'eau: 25 milliards pour remplacer les infrastructures

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Une étude révèle que le remplacement des infrastructures de distribution d'eau en mauvais état dans les villes québécoises coûterait 25 milliards.

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Remplacer les infrastructures de distribution d'eau en mauvais état dans les villes québécoises coûterait pas moins de 25 milliards, soit l'équivalent de cinq fois la facture du nouveau pont Champlain, selon une récente étude. Disant que les besoins sont urgents, l'Union des municipalités du Québec presse Ottawa de relancer rapidement son programme pour financer les travaux les plus pressants.

« LES BESOINS SONT IMPORTANTS »

À la demande d'Ottawa et de Québec, le Centre d'expertise et de recherche en infrastructures urbaines (CERIU) a entrepris d'étudier l'état des conduites d'égouts et de distribution d'eau de la province. Son rapport final étant attendu d'ici la fin de 2017, le groupe a récemment publié un rapport d'étape évaluant à 25 milliards le coût de remplacement des infrastructures de distribution d'eau en mauvais et très mauvais état. « Les besoins sont importants », constate Claude Bruxelle, directeur de l'étude. Ce résultat est basé sur les données fournies par 100 villes québécoises. Les auteurs prévoient raffiner leur analyse en étendant leurs données à 700 des 1100 municipalités que compte le Québec dans leur rapport final.

UN PROBLÈME DE CHAUSSÉE

La bonne nouvelle : l'étude constate que la majorité des conduites souterraines est en bon état. Là où le bât blesse toutefois, c'est lorsqu'on s'attarde à la chaussée des rues sous lesquelles les réseaux de distribution d'eau sont enfouis. Près de 30 % d'entre elles sont à remplacer, soit 9681 km de chaussées. C'est près de deux fois et demie la longueur de tout le réseau routier de Montréal.

BESOINS URGENTS

Parfaitement en accord avec le portrait brossé par le CEIRU, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) dit qu'il est urgent d'investir. Signe de l'ampleur des besoins, le programme de financement lancé par Ottawa et Québec l'an dernier a dû être interrompu de façon prématurée en raison du nombre élevé de demandes reçues de la part de villes. « Le programme a été lancé en juillet et il a été fermé en septembre parce qu'il y avait eu le double de demandes que d'argent disponible », dit le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, premier vice-président de l'UMQ. L'organisation qui représente les villes québécoises attend maintenant impatiemment l'annonce d'une deuxième phase à ce programme.

PARTAGE ÉQUITABLE RÉCLAMÉ

Au-delà d'investissements pressants, l'UMQ réclame aussi un partage équitable de la facture. Lors de la première phase du programme, Ottawa finançait 50 % du coût des travaux et Québec, 33 %. Les municipalités devaient ainsi couvrir 17 % de la facture. Or, l'UMQ dit toutefois avoir décodé du dernier budget fédéral qu'Ottawa entendait plafonner son aide à 40 %. L'UMQ estime qu'un tel changement ferait porter un poids démesuré sur les épaules des villes, celles-ci ne récoltant que 8 % des recettes fiscales.

RÉPARER PLUTÔT QUE REMPLACER

Dans son rapport, le CERIU souligne également l'importance d'un meilleur entretien des infrastructures. Faire des travaux correctifs permet de prolonger la durée de vie utile et ainsi retarder le besoin de les remplacer. « Réparer coûte environ 50 % du coût de remplacement et peut prolonger de 50 % la durée de vie. C'est rentable », dit Claude Bruxelle, directeur de projet.

AMÉLIORER LES DONNÉES

Devant l'ampleur des besoins dans la réfection des infrastructures, le CERIU plaide pour une amélioration des données permettant de suivre l'évolution de l'état des infrastructures. Dans leur rapport, les chercheurs préviennent que leurs résultats sont intimement liés aux données fournies par les municipalités. Pour assurer un meilleur suivi, ils estiment que le Québec devrait se doter d'un registre des bris et des inspections. En plus de mieux cerner les besoins en investissements, cette façon de faire permettrait du même coup d'évaluer l'efficacité des programmes d'aide. Claude Bruxelle note toutefois que la décision de Québec de réduire la reddition de comptes exigée des municipalités pour alléger leur fardeau administratif risque de compliquer la tâche.




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