Autochtones disparues: la commission veut sortir des audiences classiques

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Le gouvernement fédéral a réservé 53,8 millions de dollars pour cette enquête nationale qui devrait durer deux ans.

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Kristy Kirkup
La Presse Canadienne
OTTAWA

La commissaire en chef de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a prévenu mardi les Canadiens qu'ils ne devraient pas s'attendre à assister à des audiences classiques de commissions d'enquête, qui ressemblent souvent à un procès.

La juge à la retraite Marion Buller a précisé que l'enquête permettra plutôt aux Autochtones de raconter leur histoire à leur façon, dans un cadre souple.

Les membres de la commission avaient organisé une conférence de presse mardi à Ottawa pour faire le point sur les préparatifs, alors que des voix s'élèvent pour critiquer le mandat de l'enquête nationale et sa lenteur à démarrer. Mme Buller a souligné mardi qu'elle comprend la frustration de certains, mais elle a dit préférer que la commission amorce ses travaux sur des bases solides.

L'avocate principale de la commission, Susan Vella, a par ailleurs rappelé que l'enquête nationale, qui doit toujours amorcer ses travaux ce printemps, sortira des sentiers battus d'un strict point de vue juridique. Le cadre sera souple, a-t-elle indiqué, et les commissaires pourront obtenir de l'information qui ne serait pas admissible en preuve au tribunal. La commission sera aussi très inclusive envers les lesbiennes, les personnes bispirituelles et les transgenres.

Me Vella a par ailleurs rappelé que la commission ne visitera que les endroits où elle aura été invitée. Si une communauté ne se sent pas prête à relater son traumatisme en public, la commission respectera ce choix, a promis la procureure.

Le gouvernement fédéral a réservé 53,8 millions $ pour cette enquête nationale, qui devrait durer deux ans. Jusqu'ici, moins de 10 % du budget a été dépensé, a indiqué mardi Mme Buller. La commission souhaite consacrer la majeure partie de son budget à la collecte de preuves, à la recherche et aux entrevues avec les survivantes et les familles.

La commission n'a pas encore fixé de calendrier pour ses audiences publiques, a indiqué Mme Buller, une Crie de la Saskatchewan, qui a été en 1994 la première Autochtone nommée juge à la Cour provinciale de Colombie-Britannique.

Le mandat des commissaires est «d'examiner et de faire rapport sur les causes systémiques de toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles autochtones au Canada en regardant les tendances et les facteurs sous-jacents». Les commissaires pourront entendre des témoignages «pertinents» d'hommes autochtones, mais leur cas ne fera pas l'objet d'une enquête plus approfondie, a prévenu Me Vella.

La commission doit présenter un rapport provisoire d'ici l'automne 2017 et un rapport final d'ici la fin 2018. Michèle Audette, ancienne présidente de l'Association des femmes autochtones du Québec, puis du Canada, est l'une des quatre autres commissaires. Mme Audette a aussi été sous-ministre associée à la condition féminine au gouvernement du Québec.




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