Grève dans les groupes communautaires

François Saillant, à la tête du FRAPRU et... (Archives La Presse, Robert Skinner)

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François Saillant, à la tête du FRAPRU et porte-parole de la campagne.

Archives La Presse, Robert Skinner

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Katia Gagnon
La Presse

Un millier de groupes communautaires situés partout au Québec fermeront leurs portes mardi et mercredi prochain afin de protester contre leur sous-financement chronique. Maintenant que le gouvernement affiche des surplus budgétaires, les groupes réclament une hausse de leur financement de près d'un demi-milliard par an.

«On est à un moment crucial, estime Caroline Toupin, du Regroupement québécois des organismes communautaires autonomes. On fait face à un sous-financement critique depuis 15 ans, au même moment où la pression a beaucoup augmenté: les mesures d'austérité ont fragilisé et appauvri les populations. Les gens se heurtent à un mur pour des services publics, ils se retournent vers nous, mais nous, on est en sous-financement chronique. On ne peut pas faire face à une telle explosion de demande.»

Les groupes communautaires, qui représentent «une partie intégrante du filet social québécois», en ont assez. «Le gouvernement se pavane avec des milliards de surplus budgétaires. On trouve cela indécent et ça nous met en colère», dit Mme Toupin.

Québec consacre actuellement 586 millions au financement des groupes communautaires. Pour assurer les missions de base, un ajout de 475 millions s'impose, croit François Saillant, porte-parole du Regroupement des organismes en défense collective des droits. «Le sous-financement a assez duré. On réclame des engagements dès le prochain budget du gouvernement». 

C'est pourquoi 1200 groupes communautaires, soit plus du quart de tous les organismes qui se trouvent en territoire québécois, lancent une nouvelle campagne de sensibilisation dès demain. Les actions diverses culmineront, mardi et mercredi, avec une grève ou une fermeture partielle de ces organismes. «Ça commence fort», résume Mme Toupin.

Le financement des organismes communautaires n'a pas été indexé à la hauteur du coût de la vie depuis dix ans, déplorent les porte-paroles de la campagne. Ce sous-financement, couplé aux mesures d'austérité qui a fait augmenter la demande pour les groupes, a mené à la fermeture ou à la mise en péril de plusieurs organismes.

L'ACEF du Bas-Saint-Laurent a par exemple fermé ses portes après près de 30 ans d'existence, déplore Mme Toupin. D'autres organismes qui se consacrent aux jeunes de la rue survivent avec un financement annuel aussi bas que 10 000$ par an. Quelque 260 organismes communautaires qui oeuvrent partout au Québec ne reçoivent aucun financement public. L'Association des locataires de l'Abitibi-Témiscamingue est dans ce cas. «C'est le seul organisme qui s'occupe de logement dans la région alors qu'il y sévit une très grande pénurie de logements», souligne François Saillant.

«Depuis que les libéraux sont au pouvoir, on nous a dit de patienter. Attendez le retour à l'équilibre budgétaire, c'est ce qu'on nous disait. Maintenant, on y est et on a l'impression qu'on nous sert la même réponse», déplore Hugo Valiquette, de la Coalition des tables régionales des organismes communautaires. 

D'autres actions sont prévues en février prochain.

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