Les villes misent sur plusieurs projets de loi, dont celui sur le régime de négo

Bernard Sévigny... (Photo Marie-Lou Béland, Archives La Tribune)

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Bernard Sévigny

Photo Marie-Lou Béland, Archives La Tribune

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

L'Union des municipalités du Québec surveillera l'évolution de plusieurs projets de loi forts attendus, au cours de la session parlementaire qui s'amorce à l'Assemblée nationale, particulièrement celui, très controversé, qui modifie le régime de négociation des conditions de travail des employés municipaux.

Au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, le président de l'UMQ, Bernard Sévigny, a dit s'attendre à «une session très municipale» à Québec au cours des prochains mois, tant il y a de marrons au feu pour les villes.

La pièce de résistance est défendue par le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, qui réforme le système de négociation des conventions collectives et de règlement des différends dans le secteur municipal, tant pour les policiers et pompiers que pour les autres employés municipaux.

Le projet de loi prévoit un processus de médiation, puis de formation d'un conseil de règlement des différends, dans le cas des policiers et pompiers, puis un autre processus de médiation, d'arbitrage, puis de mandataire spécial dans le cas des autres employés municipaux. Il prévoit également des conventions collectives d'une durée «d'au moins cinq ans».

Il suscite beaucoup d'envie au sein des administrations municipales. «On espère que le ministre va garder le cap, c'est-à-dire rééquilibrer le rapport de forces», a dit M. Sévigny, aussi maire de Sherbrooke.

Mais les puissants syndicats d'employés municipaux, qui contestent déjà devant les tribunaux la loi imposant le partage moitié-moitié du coût des régimes de retraite, ont promis de contester aussi devant les tribunaux cet autre projet de loi s'il vient à être adopté tel quel.

Peu importe la contestation des syndicats, M. Sévigny se dit prêt à faire face à la musique.

«Ce serait naïf de ne pas s'attendre à... je ne dirais pas des parties de bras de fer, mais, à tout le moins, ils vont manifester leur mécontentement fort probablement. Ils vont viser non seulement les dirigeants de l'UMQ - ce qu'ils ont commencé à faire, par ailleurs -, mais je pense qu'un peu partout, ils vont vouloir signifier leur opposition et faire pression sur le monde municipal et sur le gouvernement du Québec. On s'y attend; le contraire m'aurait étonné», a-t-il commenté.

Les villes attendent également un projet de loi sur les gouvernements de proximité, un autre sur le statut de métropole de Montréal, en plus de l'aboutissement de celui sur les hydrocarbures et la transition énergétique.

Et elles espèrent toujours une diversification de leurs sources de revenus, par exemple par le biais des droits d'immatriculation, afin de mieux financer le transport en commun.

M. Sévigny ne s'en cache pas: il est très satisfait du gouvernement Couillard depuis deux ans. Il a senti «un virage» favorable aux municipalités.

«Ça fait une trentaine d'années qu'on nous promet, au monde municipal, plus d'autonomie. Et nous, on sent que depuis deux ans, les choses arrivent. Il y a là un virage qui est en train de se prendre», a-t-il constaté.

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