Femmes autochtones tuées ou disparues: la commission d'enquête lancée mercredi

Des chandelles éclairent les photos de Tina Fountaine... (photo John Woods, archives pc)

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Des chandelles éclairent les photos de Tina Fountaine et d'autres femmes autochtones tuées ou portées disparues, lors d'une table ronde concernant ces victimes, à Winnipeg, le 25 février.

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La Presse Canadienne
Ottawa

La ministre fédérale des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, devait rencontrer mardi soir des familles de femmes des Premières Nations assassinées ou disparues, avant de mettre formellement sur les rails, mercredi, la commission d'enquête nationale.

Cette annonce devrait mettre un terme au rôle du gouvernement fédéral dans la définition du cadre de référence de la commission; ce sera ensuite aux commissaires de prendre la relève et d'amorcer leurs travaux.

On s'attend à ce qu'Ottawa annonce mercredi la nomination de cinq commissaires.

La présidente de l'organisation à but non lucratif Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, espère qu'il y aura des membres des Premières Nations ayant «une expertise juridique» parmi eux.

«Ce sont les meilleures personnes pour connaître et comprendre la problématique», a-t-elle soutenu, mardi soir, alors qu'elle était interviewée par La Presse canadienne.

Mme Michel a ajouté que si des commissaires provenant des Premières Nations ont bel et bien été sélectionnés, les travaux se dérouleront plus rondement.

«(Dans une telle éventualité), on n'aura pas à faire l'éducation de gens qui ne connaissent absolument rien aux réalités des peuples autochtones», a-t-elle expliqué.

La commission d'enquête aura le pouvoir d'assigner des témoins et de les contraindre à déposer des preuves.

À terme, Viviane Michel aimerait que des recommandations soient formulées pour provoquer «des changements dans le système judiciaire  - ce qui inclut la police - et aussi sur le plan de la protection de la jeunesse».

Le gouvernement fédéral a réservé pour l'instant 40 millions $ sur deux ans pour les travaux de cette commission, mais la ministre Bennett a déjà indiqué que ce budget pourrait évoluer.

Les consultations préalables ont permis de dégager certains grands axes pour les travaux de la commission: les pratiques policières, le système judiciaire, le rôle du colonialisme et des pensionnats pour Autochtones, de même que la pauvreté endémique dans plusieurs communautés des Premières Nations.

En plus de Mme Bennett, le processus de définition des paramètres de l'enquête a été dirigé par deux autres ministres fédérales: Jody Wilson-Raybould, ministre de la Justice et procureure générale, et Patty Hajdu, ministre de la Condition féminine. Un comité a rencontré notamment des survivantes, des proches des victimes, des organisations et collectivités autochtones, les provinces et territoires, ainsi que des organismes de première ligne.

La mise en place de cette commission est réclamée depuis belle lurette par de multiples acteurs issus des Premières Nations.

Mme Michel estime que l'attente n'aura pas été vaine.

«Il n'arrive rien pour rien», a-t-elle déclaré, philosophe.

Elle a précisé qu'en attendant la création de la commission, «beaucoup de sensibilisation» a pu être effectuée si bien que, de nos jours, «les gens connaissent mieux la problématique» des femmes autochtones ayant été assassinées ou portées disparues.

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