Pitbulls: Québec reconnaît «l'urgence» d'agir

« Les pitbulls, c'est un problème en soi. Il... (PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE)

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« Les pitbulls, c'est un problème en soi. Il faut regarder la problématique des chiens dangereux », a dit le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux. Sur cette photo, un pitbull offert en adoption par la SPCA.

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(Québec) Un « sentiment d'urgence » gagne le gouvernement Couillard avec la multiplication des manchettes sur les incidents impliquant les pitbulls. Il promet d'adopter « très rapidement » une réglementation sur les chiens dangereux qui s'appliquerait partout au Québec.

Si une loi est nécessaire pour aller de l'avant, elle sera déposée au début de la session parlementaire, le 20 septembre. Autrement, un règlement sera adopté d'ici là.

« Il y a plusieurs incidents qui se sont produits, certains très graves. La population est inquiète et elle a raison. On doit s'occuper de ce problème-là. Le gouvernement va donner une réponse le plus rapidement possible. Mais c'est certain que le gouvernement va bouger là-dessus », a soutenu le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, avant la réunion hebdomadaire du conseil des ministres mercredi.

Il a créé une table de travail avec les associations municipales la semaine dernière. Cette mesure, « ce n'est pas pour allonger les délais », mais plutôt pour trouver « la voie appropriée ». « On va agir très rapidement dans ce domaine-là », a-t-il insisté. La table de travail se réunit aujourd'hui.

Les règlements municipaux actuels sont disparates, « il y a réellement un besoin d'uniformiser tout ça », selon M. Coiteux. « Il faut qu'on ait une approche pour l'ensemble du Québec ».

« Les pitbulls, c'est un problème en soi. Il faut regarder la problématique des chiens dangereux. Les gens sont, de façon tout à fait légitime, inquiets vis-à-vis de cette race particulière, mais il faut regarder le problème dans son ensemble », a-t-il ajouté.

Le gouvernement étudie ses options. Il analyse les expériences ailleurs au Canada et dans le monde. L'Ontario interdit la possession de pitbulls depuis 2005.

« S'il doit y avoir une voie législative, il va falloir que ça vienne très rapidement, à la première occasion qu'on sera capable », a dit M. Coiteux. La prochaine session parlementaire débute le 20 septembre.

« Il y a un sentiment d'urgence » au gouvernement, a indiqué le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, qui a fait adopter dans les derniers mois une loi sur le « bien-être de l'animal ». Le statu quo est selon lui intolérable.

Mais une réglementation, « c'est difficile à appliquer », a-t-il prévenu. Il en veut pour preuve l'attaque d'un pitbull survenue à Sainte-Adèle mardi. Une femme a été mordue à la jambe et traitée à l'hôpital. « À Sainte-Adèle, c'est interdit (de posséder un pitbull), mais la réglementation n'était pas appliquée », a noté M. Paradis.

Il a ajouté que des propriétaires d'un pitbull sont tentés de déclarer à la ville que leur chien appartient à une autre race ou est issu d'un croisement. « Il y a du comportement animal et il y a du comportement humain à réglementer. »

« À partir des expériences vécues ailleurs, on se rend compte qu'il faut être très précis dans la réglementation, que ce n'est pas quelque chose de facile ni à rédiger ni à appliquer », a ajouté M. Paradis. 

« Le gouvernement n'attend aucune tragédie » pour agir, a-t-il plaidé. « Le gouvernement prend ses responsabilités. Il peut agir par modification législative, donc ça impose automatiquement une certaine contrainte » de temps.

Il a donné une réponse pleine de sous-entendus lorsqu'on a lui a demandé pourquoi des gens veulent posséder un chien dangereux. « À l'Agriculture, on ne répond pas à cette question, on laisse ça à la Santé et aux Services sociaux... Dr Barrette va se faire un plaisir » de commenter, a-t-il dit.

Gaétan Barrette se dit en faveur d'une réglementation « allant jusqu'à l'interdiction » de posséder un pitbull. « C'est un chien qui est agressif, c'est documenté. On n'arrête pas d'avoir des événements. »

Dans sa circonscription de La Pinière, à Brossard, il a rencontré récemment les parents d'une fillette qui a été attaquée et défigurée par un chien. « Il y a manifestement un problème. Il est clair pour moi, personnellement et comme ministre de la Santé, qu'il devrait y avoir une limitation », a-t-il affirmé.

- Avec la collaboration de Martin Croteau

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