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Les policiers réclament des pistolets électriques en milieu autochtone

La mort d'un autochtone à Lac-Simon la semaine dernière aurait pu être évitée... (PHOTO IVANOH, ARCHIVES LA PRESSE)

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(Québec) La mort d'un autochtone à Lac-Simon la semaine dernière aurait pu être évitée si les policiers qui tentaient de l'arrêter avaient été équipés de pistolets de type « Taser », affirme l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ).

Le syndicat qui représente les policiers de la Sûreté du Québec presse le gouvernement Couillard de s'assurer que les agents qui travaillent en milieu autochtone ont accès aux pistolets à impulsion électrique.

Son président, Pierre Veilleux, estime que l'utilisation de cette arme aurait pu sauver la vie du jeune Sandy Michel, 25 ans. Les policiers qui tentaient de l'arrêter alors qu'il marchait dans la rue armé d'une machette auraient pu le neutraliser sans utiliser leur pistolet ordinaire, dit-il.

« Ça ne veut pas dire que ça aurait pu être évité à 100 %, a convenu M. Veilleux. Mais ça aurait donné une alternative aux policiers et cette personne aurait eu une chance de rester en vie. »

Il a rappelé que plusieurs rapports du coroner ont émis des recommandations favorables à l'implantation du « Taser ».

M. Veilleux a écrit au ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, pour lui demander que tous les policiers qui interviennent dans des milieux autochtones soient munis de cette arme.

Le syndicat qui représente les policiers de la réserve de Lac-Simon abonde dans le même sens. Ses membres ont demandé qu'on leur fournisse des pistolets électriques, mais la direction n'a pas donné suite à leur requête.

Leur porte-parole, Marc Ranger, fait valoir que cet outil offrirait aux agents une « alternative » au pistolet ordinaire lorsqu'ils doivent recourir à la force, comme c'était le cas lors de l'intervention qui a mal tourné à Lac-Simon.

« On verra ce que dit l'enquête, a dit M. Ranger. Mais c'est certain que c'est le type d'arme qui peut servir dans ce type d'intervention. »

PROJET PILOTE

La Sûreté du Québec a lancé l'an dernier un projet pilote sur l'utilisation du pistolet à impulsion électrique. L'arme sera bientôt testée dans cinq postes, soit ceux de Beauharnois-Salaberry, Drummondville, Shawinigan, Montérégie-Est et Lachute.

La période de test doit durer un an.

La SQ compte étudier la proposition de l'APPQ. Mais pour l'heure, elle ne prévoit pas tester la technologie dans des régions à forte population autochtone.

« Pour le moment, le projet pilote tel qu'il avait été préparé et annoncé va aller de l'avant comme prévu, a expliqué le capitaine Guy Lapointe, responsable des communications de la SQ. Pour le moment, il n'y a pas de modifications qui sont prévues à ce projet. »

Il fait valoir que, même sans « Taser », les policiers disposent déjà de deux armes dites « intermédiaires », soit le gaz poivre et le bâton télescopique.

Au bureau du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, on dit analyser la demande de l'APPQ.

«BIENTÔT DES CAMÉRAS CORPORELLES À LA SQ ?

La Sûreté du Québec pourrait bientôt équiper ses agents de caméras corporelles. Le capitaine Guy Lapointe, responsable des communications, confirme que la force policière étudie les balises légales qui encadreraient le déploiement de ce dispositif. Cette technologie, fait-il valoir, permettrait de protéger à la fois les agents et ceux qu'ils interpellent. « Ça amène un niveau de transparence, a indiqué M. Lapointe. Lorsqu'une intervention policière survient, s'il y a des images captées, de l'audio, ça amène une transparence. On pourrait dire que ça amène une protection, autant pour les citoyens que pour les policiers. » La SQ teste depuis octobre des caméras de surveillance installées dans certaines voitures de patrouille à Val-d'Or. Ce projet pilote a débuté peu après des allégations d'agressions sexuelles et d'abus de confiance qui auraient été commis par des policiers dans ce secteur. L'Association des policières et policiers provinciaux du Québec a réclamé la semaine dernière que tous les policiers affectés aux milieux autochtones soient munis de caméras corporelles.»


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