Le Canada a augmenté son aide internationale, mais est loin de la cible de l'ONU

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La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau.

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
Ottawa

L'aide internationale du gouvernement canadien a légèrement augmenté en 2015, selon les plus récentes données de l'OCDE, mais on est loin des cibles souhaitées par les Nations unies et des organismes parlent de chiffres «surestimés».

Selon ce recensement annuel, les dépenses du Canada pour l'aide internationale en 2015 ont atteint 0,28 % du Revenu national brut (RNB), la méthode de calcul utilisée par le Comité d'aide au développement de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L'année précédente, ces dépenses atteignaient 0,24 % du RNB, l'un des taux les plus bas depuis plus d'une décennie au Canada.

La hausse modeste de la contribution canadienne en 2015 est surtout attribuable, selon l'OCDE, à la chronologie des événements dans le dossier des migrants syriens. L'organisme, dont le siège est à Paris, rappelle aussi que les pays peuvent inclure dans leurs dépenses d'aide internationale certaines sommes consacrées à l'accueil des réfugiés jusqu'à un an après leur arrivée.

Cette comptabilité peut expliquer la hausse enregistrée au Canada en 2015, car le gouvernement conservateur avait gelé l'aide internationale canadienne en 2010. Le nouveau gouvernement libéral a annoncé la fin de ce gel dans son premier budget, le 22 mars - avec un engagement de 256 millions pour deux ans.

À l'échelle du monde, le taux d'aide internationale atteignait en moyenne 0,30 % en 2015, en légère hausse par rapport à l'année précédente, à cause notamment de la crise des migrants et des réfugiés, mais bien loin de la cible de 0,7 % souhaitée par les Nations unies. Seuls six des 28 pays membres du Comité d'aide au développement de l'OCDE ont d'ailleurs atteint ou dépassé cette cible - le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé au Canada et à tous les pays de l'OCDE d'élaborer une stratégie afin d'atteindre rapidement cette cible de 0,7 % du RNB. La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a cependant indiqué que cette cible est pour l'instant trop ambitieuse pour le Canada.

Pendant les années 1970 et 1980, l'aide publique internationale du Canada tournait autour de 0,4 % et 0,5 % du RNB, mais au milieu des années 1990, ce taux a commencé à chuter pour se situer davantage autour de 0,3 % - et jusqu'à 0,22 % en 2001.

Oxfam Canada et le Conseil canadien pour la coopération internationale qualifient de «surestimée» cette hausse de l'aide internationale canadienne enregistrée par l'OCDE, et les organismes ont pressé le gouvernement d'atteindre la cible de 0,7 % de l'ONU.

Selon Brittany Lambert, d'Oxfam Canada, certains pays enregistrent une hausse «artificielle» en prenant en compte les sommes consacrées chez eux à l'accueil de réfugiés. «Cette aide ne quitte jamais les pays riches (...) Il ne faudrait pas que ces contributions se fassent au détriment de l'aide aux plus pauvres de la planète», a-t-elle dit.

Pour Gillian Barth, directrice de CARE Canada, toute hausse constitue une bonne nouvelle, mais elle rappelle que cette modeste augmentation en 2015 suit l'une des pires années au chapitre de l'aide internationale canadienne.

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