Droit de décréter des municipalités: des syndicats lancent une campagne radio

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Le président de la FTQ, Daniel Boyer

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

La FTQ et son Syndicat canadien de la fonction publique ont lancé, mardi, une campagne publicitaire, une première arme dans la lutte qu'ils mènent contre la volonté du gouvernement du Québec de permettre aux municipalités de décréter les conditions de travail de leurs employés.

Lors de la signature du pacte fiscal Québec-municipalités, en septembre dernier, le gouvernement avait fait part de sa volonté de donner ce pouvoir aux municipalités en cas de négociation infructueuse pour le renouvellement des conventions collectives. Le projet de loi à cet effet n'a toutefois pas encore été déposé; il pourrait l'être au cours de la session parlementaire qui s'amorce.

Lundi encore, à Montréal, lorsque La Presse Canadienne lui a demandé s'il allait donner ce pouvoir aux villes, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré sa volonté d'aller de l'avant.

«Les villes veulent s'assurer que vous leur donniez bel et bien le pouvoir de décréter les conditions de travail. M. Moreau (ancien ministre des Affaires municipales) s'était engagé, mais ça n'a toujours pas été fait. Est-ce que ça va être fait?», lui a-t-on demandé.

«Le travail est en cours; il va continuer; on va remplir cet engagement», a répondu le premier ministre.

Les syndicats du secteur municipal disent espérer que sa décision n'est pas finale, qu'il y repensera à deux fois et choisira une autre voie.

Ils préviennent qu'ils contesteront devant les tribunaux tout projet de loi qui irait aussi loin. Selon eux, les villes seraient ainsi juge et partie et n'auraient donc pas vraiment intérêt à négocier sérieusement, sachant qu'en fin de compte, ce sont elles qui décideront.

En entrevue mardi, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a expliqué qu'il a tenu à lancer une campagne publicitaire radio dès maintenant, et qui durera plusieurs semaines, dans le but de faire comprendre au public les enjeux en cause.

«C'est notre inquiétude: la possibilité de donner le pouvoir à des employeurs, aux maires de décréter les conditions de travail, nous là, les boutons nous poussent, on est allergique!» s'est exclamé M. Boyer.

«On s'est doté d'un Code du travail il y a 50 ans passés, qui est basé sur un rapport égal entre les parties», a-t-il martelé.

Quand on lui rappelle que le premier ministre Couillard parle d'une «asymétrie», à l'heure actuelle, dans le rapport de forces entre les municipalités et leurs syndicats, puisque les villes n'ont pas de droit de lock-out, M. Boyer apporte une nuance. Vrai, les municipalités n'ont pas le droit de lock-out, mais les syndiqués «ont le droit de grève, mais le droit de grève est très limité parce qu'ils doivent maintenir les services essentiels».

D'ailleurs, selon lui, si le projet de loi promis n'a toujours pas été déposé, c'est parce que «ça ne passe pas le test des tribunaux» et que le gouvernement le sait.

Le SCFP, affilié à la FTQ, représente 72 % des employés municipaux au Québec. Il a 31 600 membres.

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