La reconnaissance faciale pourrait être bientôt utilisée aux frontières

Les services frontaliers souhaitent utiliser à tous les points d'entrée au pays... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Jim Bronskill
La Presse Canadienne
Ottawa

Les services frontaliers souhaitent utiliser à tous les points d'entrée au pays une technologie qui compare les caractéristiques faciales des voyageurs entrants avec les photos d'individus indésirables au Canada.

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada met en garde les services frontaliers contre les risques de «faux positifs» - des voyageurs qui seraient embêtés à tort, et à répétition, lors de leur arrivée au Canada.

L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) évalue l'efficacité de la technologie dans des situations réelles à la frontière ainsi que dans diverses conditions d'éclairage et de mouvement de foule. Les services de science et de génie de l'agence mènent discrètement des recherches, avec l'Université du Québec et d'autres partenaires, afin de mesurer l'efficacité de cette technologie utilisant les images vidéo de voyageurs.

Cette nouvelle initiative fait partie de l'arsenal biométrique que souhaite adopter le gouvernement pour lutter contre le terrorisme et l'arrivée de criminels étrangers. La biométrie utilise les caractéristiques individuelles - comme les empreintes digitales et la reconnaissance de l'iris ou du visage - afin d'identifier des personnes.

Dans son plus récent rapport annuel, le commissaire à la protection de la vie privée, Daniel Therrien, indique que son bureau a donné à l'ASFC des avis «sur les risques d'atteinte à la vie privée, notamment celui de «faux positifs», qui pourraient entraîner une vérification secondaire et un examen minutieux injustifiés pour certaines personnes».

Le commissaire demande aussi à l'ASFC d'entreprendre une évaluation des «risques techniques ainsi que les risques d'atteinte à la vie privée et les répercussions connexes qu'il faudra prendre en compte» au cours de l'évaluation même de cette technologie.

Les services frontaliers ont refusé de discuter du projet, tout en précisant qu'ils collaborent avec le Commissariat à la protection de la vie privée. Ils ont cependant admis qu'ils prévoient tester le nouveau système en «situation réelle».

Selon le Commissariat à la protection de la vie privée, le système de reconnaissance faciale, pour se révéler efficace, doit pouvoir compter sur des images numériques de bonne qualité, sur une solide banque d'images, et sur des logiciels qui peuvent faire le lien entre les deux.

Le Commissariat «continuera de consulter l'ASFC dans ce dossier à mesure que les essais de validation de principe et les analyses subséquentes permettront d'en apprendre davantage», lit-on dans le rapport annuel, déposé au Parlement en décembre.

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