Raif Badawi bientôt gracié par le roi d'Arabie saoudite?

Raif Badaoui, 31 ans, arrêté en vertu d'une loi... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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Raif Badaoui, 31 ans, arrêté en vertu d'une loi sur la cybercriminalité, a été condamné fin 2014 à dix ans de prison et 1000 coups de fouet.

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«J'espère. J'espère que c'est vrai et que le roi va libérer Raif», confie au bout du fil Ensaf Haidar. La femme du blogueur Raif Badawi croise les doigts. Elle espère que cette fois-ci sera la bonne. La résidante de Sherbrooke a appris par les médias samedi matin que son mari faisait l'objet d'une «procédure de grâce» auprès du roi d'Arabie saoudite. Depuis, elle s'accroche à cette nouvelle inespérée.

C'est le secrétaire d'État suisse aux Affaires étrangères Yves Rossier qui a relancé l'espoir d'une libération prochaine de celui qui est devenu la figure de la liberté d'expression en Arabie saoudite. «J'ai été informé que [sa] sentence a été suspendue», a-t-il déclaré au quotidien suisse La Liberté

Le diplomate suisse a affirmé avoir discuté de l'affaire Badawi lors d'une visite officielle dans la capitale saoudienne cette semaine. «Une procédure de grâce est maintenant en cours auprès du chef de l'État, donc du roi Salmane ben Abdelaziz al-Saoud», a-t-il précisé. Raif Badawi est emprisonné depuis plus de trois ans dans une geôle saoudienne pour avoir critiqué le régime. Il a été condamné à 1 000 coups de fouet et 10 ans de prison. 

Ensaf Haidar confirme que la Suisse s'implique activement dans le dossier de son mari depuis quelques mois. «En septembre je suis allé en Suisse et j'ai parlé avec la présidente [Simonetta Sommaruga]. Elle m'a dit qu'elle travaillait sur le cas de Raif», raconte-t-elle, en français.

La mère de trois enfants s'envolera pour Strasbourg dans deux semaines pour aller récupérer, au nom de son mari, le prestigieux prix Sakharov que lui a décerné il y a un mois le Parlement européen. Elle caresse le rêve que son mari soit libéré à temps pour recevoir ce prix en main propre. 

Toutefois, même si Raif Badawi est gracié par le roi, ça ne signifie pas qu'il sera libéré ou même, que sa peine sera annulée, met en garde Colette Lelièvre, responsable des campagnes à la branche francophone d'Amnistie internationale au Canada. «S'il reste dans le pays, il y a toujours un risque qu'il soit réemprisonné et que sa peine de 10 ans de prison et de coups de fouet soit remise. Mais s'il est vraiment gracié, il faut également qu'ils le fassent sortir du pays rapidement et qu'il arrive au Canada. On croise les doigts pour le moment et on continue à mettre de la pression», soutient Mme Lelièvre.

Aministe internationale n'a d'ailleurs eu aucune confirmation samedi au sujet de l'information avancée par le diplomate suisse. «Peut-être qu'il se passe quelque chose là-bas, mais pour le moment nos sources ne nous ont pas encore confirmé ou infirmé la chose», indique Colette Lelièvre. Selon l'organisation, la situation du blogueur saoudien n'a pas changé depuis plusieurs mois, même après avoir reçu le prix Sakharov. 

Le député de Québec solidaire Amir Khadir espère que Raif Badawi sera libéré. Il déplore toutefois le manque d'implication diplomatique du Canada dans ce dossier. « J'aurais aimé que ce soit le Canada qui l'ait fait. Ni M. Harper ni M. Trudeau n'ont agi à temps. Après tout, sa femme se trouve au Québec, j'aurais aimé que ce geste soit posé par un responsable politique canadien.» Le député de Mercier dénonce avec ardeur les politiques de répression de l'Arabie saoudite, qu'il qualifie d'un «État islamique qui a réussi».

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