Projets énergétiques: pas dans ma cour!

Selon une étude, 54% des Québécois sont favorables... (PHOTO PATRICE LAROCHE, ARCHIVES LE SOLEIL)

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Selon une étude, 54% des Québécois sont favorables aux lignes à haute tension, mais seulement 33% accepteraient qu'une telle ligne passe près de chez eux.

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Les Québécois sont plutôt favorables à l'implantation dans leur province de lignes à haute tension, de gazoducs ou de puits de gaz naturel... à la condition que ces projets ne voient pas le jour dans leur voisinage, révèle une nouvelle étude qui illustre parfaitement le phénomène du «pas dans ma cour».

Basé sur un vaste sondage, le rapport L'énergie et les changements climatiques - Perceptions québécoises, rendu public mercredi à Montréal par le CIRANO et l'Institut de l'énergie Trottier de Polytechnique Montréal, montre qu'une pluralité de Québécois est favorable à l'implantation de projets énergétiques majeurs sur le territoire québécois.

Pour la plupart des projets susceptibles d'avoir un impact environnemental, toutefois, l'appui chuterait «de manière significative» - en moyenne d'une vingtaine de points de pourcentage - s'ils étaient réalisés à proximité de la résidence des répondants.

Ainsi, 54% des Québécois sont favorables aux lignes à haute tension, mais seulement 33% accepteraient qu'une telle ligne passe près de chez eux. Pour les gazoducs, l'appui passerait de 46 à 27%. La baisse est moins prononcée pour les parcs d'éoliennes, mais un Québécois sur trois serait néanmoins opposé à ce que les grandes tours à trois pales poussent non loin de chez lui.

«Le phénomène du "pas dans ma cour" est clairement là», dit Nathalie DeMarcellis-Warin, coauteure de l'étude et vice-présidente du CIRANO.

Ce n'est pas le seul paradoxe contenu dans le rapport, qui note que «le bien-être individuel semble être privilégié par rapport au bien-être collectif»: majoritairement favorables aux énergies renouvelables comme le solaire ou l'éolien, les Québécois se révèlent par contre très peu disposés à payer plus pour financer le développement de ces filières.

Selon le sondage, 61% des Québécois ne seraient pas d'accord pour payer 50$ de plus par mois pour leur électricité afin de permettre le développement des énergies renouvelables. La facture mensuelle moyenne actuelle est de 110$ par ménage. L'augmentation suggérée rapprocherait le Québec des tarifs pratiqués en Ontario.

«Les gens semblent dire qu'ils paient déjà assez de taxes et qu'il faut trouver d'autres moyens», dit Mme DeMarcellis-Warin. «Sachant que les enjeux énergétiques et environnementaux figurent toujours dans le top 3 des préoccupations des Québécois, je m'attendais à ce que les gens soient prêts à payer. Or, ce n'est pas le cas.»

Sensibles aux prix

Cela dit, si une telle augmentation des tarifs d'électricité se matérialisait, les Québécois ne resteraient pas les bras croisés: les trois quarts d'entre eux réduiraient leur consommation. De même, si le prix de l'essence, qui se situe ce mois-ci autour de 1,17$ le litre, grimpait de façon durable à 2$, la moitié d'entre eux achèteraient une voiture électrique ou à faible consommation, ou les deux.

C'est ce qui fait dire aux auteurs de l'étude qu'«en matière de comportements individuels, les Québécois semblent être prêts à changer certaines de leurs habitudes, mais [que] le critère de changement principal semble être le plus souvent le coût».

Le rapport note que seulement 59% des répondants estiment que leurs comportements et leurs habitudes de consommation peuvent influencer la consommation totale d'énergie au Québec. «Pourrait-on penser qu'il y a un manque d'incitatifs à changer nos comportements?», demandent les auteurs.

«Il faudrait mieux expliquer que chaque individu peut jouer sa part pour changer la situation, conclut Mme DeMarcellis-Warin. On devrait trouver des moyens de leur montrer que même si ça leur coûte plus cher, ça peut rapporter beaucoup à la société.»

Méthodologie

L'étude présente les résultats d'un sondage que l'Institut de sondage Léger Marketing a réalisé par internet auprès de 1010 Québécois entre le 16 et le 20 avril 2015. Les répondants ont été sélectionnés selon la méthode des quotas et des strates. La répartition du recensement national de 2011 des âges, des sexes, des régions, de la langue et de la scolarité a été respectée dans l'échantillon. La marge d'erreur pour un sondage de 1000 répondants est +/- 3,1%.

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