Affaire Fahmy: des personnalités interpellent Harper

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M. Fahmy et sa famille ont ouvertement critiqué récemment le gouvernement canadien pour son manque d'initiative dans ce dossier, surtout depuis que Peter Greste, le collègue australien du journaliste canadien, lui aussi condamné dans cette affaire, a été déporté d'Égypte il y a deux semaines.

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La Presse Canadienne
Toronto

De nombreuses personnalités canadiennes ont signé une lettre demandant au premier ministre Stephen Harper d'intervenir «personnellement et immédiatement» dans le dossier du journaliste canadien Mohamed Fahmy, qui doit subir un nouveau procès en Égypte.

Le journaliste du réseau anglais d'Al-Jazeera a été libéré sous caution vendredi dernier après avoir passé plus d'un an dans une prison du Caire. Il avait été arrêté avec deux de ses collègues en décembre 2013, et condamné l'été dernier à la prison pour activités terroristes et menace à la sécurité nationale, à l'issue d'un procès qualifié de «simulacre de justice» par plusieurs instances internationales. Son nouveau procès, ordonné par un tribunal d'appel en janvier dernier, doit s'ouvrir lundi prochain.

Dans leur lettre ouverte au premier ministre Harper, 250 personnalités canadiennes - notamment l'écrivain Michael Ondaatje, le diplomate Stephen Lewis et le comédien Rick Mercer - lui demandent d'intercéder auprès de son homologue égyptien en faveur de M. Fahmy. Plus précisément, ils souhaitent que M. Harper demande aux autorités de permettre au journaliste canadien de quitter l'Égypte, en vertu d'une nouvelle loi qui autorise une telle déportation pour les étrangers accusés ou reconnus coupables.

«Nous soutenons M. Fahmy, tout comme des milliers de Canadiens, comme des organismes internationaux des droits de la personne et des leaders politiques du monde, et nous vous exhortons à contacter le président (Abdel Fattah) al-Sissi et à lui demander d'ordonner sa déportation», lit-on dans la lettre signée par des artistes, des militants progressistes et des intellectuels du Canada anglais. Parmi les 250 signataires, on retrouve aussi l'actrice et réalisatrice Sarah Polley, le cinéaste Atom Egoyan, l'actrice Arsinée Khanjian, l'intellectuelle Naomi Klein et le réalisateur John Greyson.

Lorsque les journalistes canadiens ont demandé la semaine dernière au premier ministre Harper s'il avait personnellement parlé au président égyptien, il a simplement répondu que le gouvernement canadien avait été en contact avec les autorités égyptiennes à tous les niveaux, dont le sien.

Sans papiers

M. Fahmy et sa famille ont ouvertement critiqué récemment le gouvernement canadien pour son manque d'initiative dans ce dossier, surtout depuis que Peter Greste, le collègue australien du journaliste canadien, lui aussi condamné dans cette affaire, a été déporté d'Égypte il y a deux semaines. Le réalisateur égyptien Baher Mohamed a lui aussi été condamné pour les mêmes accusations.

Dans une entrevue au quotidien britannique The Independent, M. Fahmy a soutenu que la condamnation des trois employés d'Al-Jazeera était attribuable à «un règlement de comptes géopolitique» entre des pays du Proche-Orient. Par ailleurs, selon sa famille, M. Fahmy blâme aussi le Canada, particulièrement M. Harper et l'ex-ministre des Affaires étrangères John Baird, pour n'avoir pu obtenir sa libération.

Selon la fiancée de M. Fahmy, Marwa Omara, il est important que le Canada fasse pression sur Le Caire pour demander la déportation du journaliste de 40 ans, parce que sa mésaventure est loin d'être terminée. «Le juge peut très bien le renvoyer en prison lors de la prochaine audience - il n'y a rien de garanti», a-t-elle indiqué dans une entrevue à La Presse Canadienne. «Le Canada doit maintenant démontrer que la déportation de Mohamed servirait les intérêts nationaux de l'Égypte.»

L'avocate de M. Fahmy, Amal Clooney, soutient que son client pourrait être déporté même pendant la tenue du nouveau procès. «Le premier ministre Harper devrait personnellement intervenir pour s'assurer que la promesse faite par le gouvernement égyptien à son gouvernement - et aux citoyens canadiens - soit tenue.»

Le journaliste canadien ne possède actuellement aucune pièce d'identité, a précisé Mme Omara. Ses papiers égyptiens lui ont été retirés lorsqu'il a renoncé à sa citoyenneté - sans quoi il n'aurait pu être déporté, un sort réservé aux seuls étrangers. Par ailleurs, son passeport canadien, qui avait été saisi lors de son arrestation, n'a pas été retrouvé, a soutenu Mme Omara.

«Tout cela n'est pas fini encore: nous devons sortir Mohamed de là», a-t-elle lancé, lundi.

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