Les dépenses en soins externes pour les soldats ont doublé en 10 ans

Selon les Forces armées canadiennes, l'augmentation des dépenses... (Photo Finbarr O'Reilly, archives Reuters)

Agrandir

Selon les Forces armées canadiennes, l'augmentation des dépenses en soins de santé externes s'explique notamment par la mission en Afghanistan, qui a duré environ 12 ans et s'est intensifiée à partir de 2006.

Photo Finbarr O'Reilly, archives Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

En 10 ans, les dépenses en soins de santé externes pour les soldats ont plus que doublé, passant de 55 millions par année à 119 millions. Une hausse qui s'explique par les nombreuses opérations militaires canadiennes, selon les Forces canadiennes, mais qui confirme également une tendance à la privatisation des soins aux militaires.

En 2013, la facture pour les soins externes a atteint 119 millions, tandis qu'en 2014, ce montant (en date du mois de novembre) était de 105 millions, selon des documents obtenus grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

Ces soins comprennent des services de physiothérapeutes ou chiropraticiens, des soins infirmiers, des services d'aide psychologique, des soins dentaires, des aides à la vie quotidienne, des soins de la vue, des prothèses et orthèses, etc.

Selon les Forces armées canadiennes (FAC), les augmentations s'expliquent notamment par la mission en Afghanistan, qui a duré environ 12 ans et qui s'est intensifiée à partir de 2006. Cette année-là, 32 soldats ont été tués et 180 autres ont été blessés au combat, un sommet jamais égalé par la suite. En tout, 2071 soldats ont été blessés au cours de la mission et 158 y ont perdu la vie.

«Les FAC ont appuyé des opérations en déployant des professionnels médicaux de soins de santé, ce qui a mené à un soutien accru du secteur de santé publique.»

La majore Nicole Meszaros, porte-parole des Forces armées canadiennes

«De plus, des membres des FAC ont subi des blessures complexes qui ont nécessité des traitements et des soins pendant qu'ils étaient hospitalisés, étant donné que nous n'exploitons pas d'hôpitaux militaires au Canada. En raison de la complexité des blessures, les rendez-vous médicaux externes nécessitent souvent des rendez-vous de suivi, qui comportent des frais de soins de santé», explique la majore Nicole Meszaros, porte-parole des Forces armées canadiennes.

Elle ajoute que les dépenses sont aussi plus élevées en raison des coûts des soins de santé qui ont augmenté Canada.

Sous-traitance au privé

Radio-Canada a révélé l'automne dernier qu'une grande part des soins de santé était désormais privatisée dans les Forces, particulièrement dans le domaine de la santé mentale. La majore Meszaros n'en a pourtant fait aucune mention lorsqu'elle a répondu aux questions de La Presse. Relancée précisément sur cette question vendredi, la porte-parole n'avait toujours pas répondu au moment de publier.

Or selon le reportage du diffuseur public, depuis 2005, le ministère de la Défense nationale a notamment signé pour 800 millions de dollars de contrats avec la firme Calian Technologies afin de privatiser des services de santé aux militaires.

En 2012, l'ombudsman du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes, Pierre Daigle, a d'ailleurs déploré le manque d'information sur la part des soins en santé mentale offerte aux militaires en sous-traitance.

«Bien que les FAC ne connaissent pas précisément la proportion que représente la part sous-traitée (ce qui, en soi, est déroutant), les données recueillies auprès de diverses cliniques et de divers praticiens laissent croire qu'elle est importante», écrivait-il dans un rapport spécial.

Si, dans certains cas, la sous-traitance facilite l'accès rapide à un traitement ou à un professionnel, il notait toutefois des aspects négatifs observés dans une clinique. «Le manque de compréhension culturelle entre les patients militaires et les fournisseurs de soins civils a été un obstacle majeur.»

De son côté, Scott Maxwell, directeur administratif pour l'association Wounded Warriors Canada, qui aide les soldats blessés, espère que le recours à cette collaboration avec le privé amènera une plus grande variété de traitements.

«Il y a des thérapies émergentes comme les chiens d'assistance ou des programmes d'équitation pour les soldats qui souffrent de stress post-traumatique, ce qui n'existe pas dans les Forces.» Pour le moment, Wounded Warriors Canada offre du financement pour ce genre de programme, mais M. Maxwell souhaite que les ministères des Anciens Combattants et de la Défense y contribuent.

Avec la collaboration de William Leclerc

175 millions en médicaments

Depuis 2004, le ministère de la Défense a dépensé près de 175 millions en médicaments pour les soldats. On remarque une certaine augmentation après 2007. De 2004 à 2006, la moyenne de ces dépenses par année était de 12,5 millions, tandis que de 2007 à 2014 (données jusqu'en octobre), cette moyenne était de 17,1 millions. Les Forces expliquent cette hausse par le nombre important d'opérations militaires ces dernières années. «Un bon nombre de fournitures et de stocks ont été remplacés pendant cette période en raison de leur date d'expiration», ajoute la majore Nicole Meszaros.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer