Malvoyants au volant: conduire autrement

L'Institut Nazareth et Louis-Braille se sert d'un simulateur... (Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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L'Institut Nazareth et Louis-Braille se sert d'un simulateur pour habituer dans un premier temps certains malvoyants à voir de loin à l'aide d'une lunette, puis pour se familiariser avec les aléas de la route, dont les autobus ou les piétons.

Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse

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Katia Gagnon
La Presse

Marc Chaput n'aurait jamais pensé qu'il pourrait, un jour, aller reconduire lui-même ses enfants à l'école. À cause d'une maladie congénitale, le nystagmus, qui provoque un mouvement involontaire des deux yeux et rend la vision de loin floue, M. Chaput n'avait jamais pu apprendre à conduire. Grâce à un programme novateur de l'Institut Nazareth et Louis-Braille, il peut désormais prendre le volant de sa voiture. Sa vie en a été transformée.

Une centaine d'usagers malvoyants sont sur la liste d'attente de l'Institut Nazareth et Louis-Braille (INLB) afin de suivre la formation qui leur permettrait de faire subir une petite révolution à leur vie en devenant aptes à prendre le volant. Douze usagers de l'INLB sont passés par ce processus d'apprentissage, qui dure près d'un an et demi. Ils ont tous réussi leur examen de conduite à la Société d'assurance automobile. Par quelles étapes ont-ils dû passer? Annik Gemme, spécialiste en activité clinique à l'INLB, et Roger Dufour, optométriste, nous l'expliquent.

1. Sélection des usagers

Les usagers qu'on inscrit sur la liste d'attente doivent répondre à des critères bien précis, explique Roger Dufour. Ils doivent avoir un handicap visuel qui leur donne une acuité visuelle sous la normale, souffrir d'une pathologie stable (ce qui exclut par exemple les gens atteints de dégénérescence maculaire ou de glaucome). Ils doivent pouvoir distinguer adéquatement les couleurs et les contrastes.

2. Apprendre à voir de loin 

Pendant quatre mois, l'entraînement visuel se met en place. Une demi-journée par semaine, l'usager doit aller à l'Institut, où il se familiarise avec l'usage du télescope bioptique. Ce mini-télescope, qui grossit l'image quatre fois, est ajusté dans une lunette adaptée aux problèmes de vision de l'usager.

À cette étape, on utilise un simulateur de conduite, avec lequel on peut recréer de nombreux scénarios de conduite, de jour, de nuit, dans différentes conditions météo. Au début, l'usager ne fait que commenter ce qu'il voit. «Tout ce qu'il fait, au début, c'est regarder et nous expliquer ce qu'il voit. On peut ainsi lui apprendre quel comportement visuel il devrait adopter sur la route», explique Annik Gemme. C'est que l'usager ne regarde pas constamment dans le télescope, seulement lorsqu'il veut voir au loin. Il doit donc se familiariser avec cette gymnastique visuelle. Par la suite, l'usager prend virtuellement le volant et fait face à diverses difficultés: des piétons qui surgissent de nulle part, des autobus qui s'insèrent dans la voie, des tempêtes de neige.

3. Des cours de conduite 

Ensuite, l'usager suit un cours de conduite tout ce qu'il y a de plus normal, qui dure 13 mois, comme pour tous les apprentis conducteurs. «On offre un peu plus de cours pratiques à nos usagers. À quelques reprises, le personnel de l'Institut s'insère dans les cours pour s'assurer que la personne évolue bien», précise Annik Gemme.

4. L'examen

Les usagers de l'Institut passent le test.

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