Rob Ford part en croisade contre les parasols roses

Les 36 parasols de la plage urbaine de... (Photo Rick Madonik, archives Toronto Star)

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Les 36 parasols de la plage urbaine de Sugar Beach ont été installés en 2010. Chacun d'eux a coûté 12 000 $.

Photo Rick Madonik, archives Toronto Star

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Marie-Michèle Sioui
La Presse

Rob Ford mène une nouvelle bataille, et celle-ci n'a rien à voir avec sa dépendance à l'alcool. Le maire de Toronto en a plutôt contre une cible bien particulière, ces jours-ci : il s'attaque... à des parasols roses.

Fraîchement sorti d'une cure de désintoxication, le maire, connu pour son contrôle serré des dépenses, revient à sa marotte : faire épargner le plus d'argent possible aux contribuables torontois.

Son combat, donc, vise les 36 parasols roses installés en 2010 sur la plage de Sugar Beach, là où le centre-ville de Toronto côtoie le grand lac Ontario. C'est que, il y a deux semaines, Rob Ford et les autres ont appris du conseiller Denzil Minnan-Wong que les parasols avaient coûté 12 000 $ chacun. Ajoutez à cela deux rochers de granit «importés» du Québec, et vous avez une controverse de 936 000 $, financée à parts égales par les gouvernements fédéral, provincial et municipal.

À ceux qui viennent de jeter un regard à leur mobilier de jardin et qui se demandent pourquoi les parasols ont coûté aussi cher, l'architecte (québécois) responsable du projet répond : la durabilité.

«On a dessiné des parasols de 2,5 m de diamètre, sur mesure. Ils sont propres aux lieux. Ils sont en fibre de verre, avec des lampes en dessous, et ils sont là pour 20 ans au minimum», explique Claude Cormier, dont la firme montréalaise, Claude Cormier + Associés, se spécialise en architecture de paysage et en design urbain. C'est à lui que l'on doit notamment la plage de l'Horloge, dans le Vieux-Port de Montréal, les boules roses de la rue Sainte-Catherine Est et des dizaines de projets aux États-Unis, en Chine ou en France.

Quant aux roches granitiques, elles sont là pour 100 ans, assure l'architecte. «Zéro entretien», précise-t-il.

«Gaspillage d'argent»

Le concept de Sugar Beach, où le rose bonbon évoque la raffinerie de sucre Redpath, voisine de la plage, a remporté sept prix. Mais Rob Ford n'en a que faire. Il qualifie le projet de «gaspillage d'argent» et ajoute qu'il «n'arrive même pas à trouver la plage». Peut-être ses tribulations ont-elles nui à sa mémoire : l'actuel maire, comme bien d'autres candidats à la direction de Toronto, s'est fait prendre en photo à Sugar Beach pendant sa campagne en 2010.

Claude Cormier estime que, pour Rob Ford, «ce qui est inutile, comme la culture», n'a pas à être payé par les contribuables.

«Il [Rob Ford] n'était pas maire quand on les a installés, en juin 2010, c'était David Miller. En pleine campagne électorale, Rob Ford cherche à trouver des éléments pour discréditer ses opposants.»

Claude Cormier
architecte responsable du projet de Sugar Beach

La revitalisation de Sugar Beach faisait partie d'un projet d'embellissement des berges du lac Ontario lancé en 2004. En 10 ans, Waterfront Toronto a épuisé son budget de 1,5 milliard de dollars. La semaine dernière, l'organisation a demandé 1,65 milliard de plus pour les 10 prochaines années. Rob Ford s'y est fortement opposé, mais les conseillers municipaux de Toronto ont répondu favorablement à 31 contre 6. Il semble donc que celui qui assure ne plus voir d'éléphants roses devra composer avec les parasols roses.




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