La CSN veut une mobilisation contre les politiques de Harper

Le président de la CSN, Jacques Létourneau.... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Le président de la CSN, Jacques Létourneau.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne

L'année 2014 vient à peine de commencer, mais déjà, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) songe à la suivante - l'année électorale 2015, qui, espère le regroupement de travailleurs, sonnera le glas du gouvernement conservateur à Ottawa.

Le Forum social des peuples, qui se tiendra à Ottawa à la fin de l'été, devrait servir de rampe de lancement à la campagne de mobilisation pancanadienne contre les troupes de Stephen Harper, a exposé mardi en conférence de presse le président de la CSN, Jacques Létourneau.

La centrale syndicale souhaite rallier les organisations non gouvernementales, groupes féministes et autres membres de la société civile qui convergeront vers la capitale fédérale en août dans leur lutte contre les conservateurs.

«Même si la CSN ne fait pas de politique partisane, il faut au moins créer les conditions politiques pour permettre aux Canadiens et aux Canadiennes de comprendre que ce que les conservateurs sont en train de faire actuellement vise à déconstruire l'état social et les acquis sociaux pour lesquels on s'est battus», a affirmé M. Létourneau.

«On va appeler à battre les politiques de droite. Ça, c'est clair. L'objectif, c'est de sortir les conservateurs du pouvoir aux prochaines élections», a-t-il poursuivi.

À l'instar des deux autres grandes centrales syndicales du Québec - la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui ont profité de leur bilan annuel pour tirer à boulets rouges sur le gouvernement Harper -, la CSN a vertement critiqué l'attitude qu'adopte Ottawa face aux regroupements de travailleurs.

«Je pense que c'est vraiment la catastrophe. Jamais, dans l'histoire canadienne, le mouvement syndical a eu aussi peu d'influence sur les politiques canadiennes. Je pense qu'on a atteint le fond du baril», a martelé le président de la CSN, selon qui le gouvernement du Canada est présentement encore plus à droite que celui des États-Unis.

Contrairement à la CSQ, qui s'était montrée plutôt tendre à l'endroit du gouvernement du Parti québécois, lundi, la CSN a sérieusement écorché l'administration de Pauline Marois, lui reprochant de n'avoir su tirer profit de l'impopularité du gouvernement en place à Ottawa.

Car en dépit du soutien anémique dont bénéficient les conservateurs au Québec, les péquistes n'ont pas réussi à se démarquer et à faire progresser l'option souverainiste, a déploré l'organisation.

«Oui, c'est vrai, c'est un gouvernement qui est minoritaire, mais en même temps, on pense que compte tenu de ce qui se passe à Ottawa, le gouvernement de Mme Marois aurait dû prendre davantage la balle au bond pour s'affirmer comme parti et gouvernement souverainiste», a fait valoir M. Létourneau.

La CSN, qui prendra vraisemblablement part aux audiences publiques sur le projet de charte des valeurs, ayant déposé un mémoire auprès de la Commission des institutions de l'Assemblée nationale, a par ailleurs rappelé qu'elle s'opposait à l'interdiction «mur à mur» du port des symboles religieux dans la fonction publique.

Par exemple, si le projet de loi 60 était adopté comme tel, un exil des travailleurs qualifiés vers des emplois moins bien rémunérés pourrait s'ensuivre, a notamment suggéré Jacques Létourneau.

«À une travailleuse sociale qui travaille dans un CLSC depuis 10-15 ans, qui porte un signe religieux, on lui dirait demain matin: «Tu perds ton emploi et tu vas aller travailler chez Target, chez Wal-Mart'», a-t-il illustré.

Même si le gouvernement ne dit jamais clairement qu'un refus de se plier à l'interdiction de signes ostentatoires se traduirait en bout de piste par un congédiement, «on comprend très bien qu'après un, deux, trois avis disciplinaires», c'est cela qui se produirait, a plaidé le leader syndical.

À titre de chef syndical, Jacques Létourneau a lui aussi été invité à se prononcer sur les répercussions de la Commission Charbonneau sur l'image du mouvement syndical québécois, comme l'avaient fait ses homologues à la FTQ, Daniel Boyer, et à la CSQ, Louise Chabot.

Rappelant que la CSN avait réclamé la mise sur pied d'une commission sur l'octroi de contrats dans l'industrie de la construction, il a dit souhaiter que celle-ci aille «jusqu'au bout», mais a reconnu qu'il existait «un inconfort autour des révélations qui sont faites par rapport à une certaine pratique du syndicalisme».

«On est conscients que ça éclabousse l'ensemble du mouvement syndical, parce que quelqu'un qui ne veut pas faire dans la nuance va dire que c'est ça, le syndicalisme», a-t-il plaidé.




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